Myria appelle à repenser la prise en charge en prison des détenus sans droit de séjour : “Il faut sortir de la logique binaire actuelle”
Le Centre fédéral Migration (Myria) appelle à repenser en profondeur le traitement des détenus sans droit de séjour dans les prisons belges, estimant que l’approche actuelle, centrée sur l’éloignement ou l’enfermement, ne tient pas compte de la diversité des situations ni des exigences légales en matière de réinsertion, ressort-il jeudi du dernier cahier du rapport annuel “La migration en chiffres et en droits 2025”.
Le nombre de personnes détenues dans les prisons belges a atteint des niveaux records en 2025, dans un contexte de surpopulation pénitentiaire aux conséquences jugées “désastreuses” pour les détenus, le personnel pénitentiaire et la société. À Bruxelles, il y a 93 détenus qui dorment au sol à la prison de Haren.
Parmi ces détenus, un nombre important est de nationalité étrangère et une partie d’entre eux est en séjour irrégulier. Selon Myria, la proportion de détenus sans droit de séjour est particulièrement élevée en Belgique par rapport à d’autres pays européens, notamment en raison d’un système pénal offrant très peu d’alternatives à la privation de liberté.
Une logique binaire “qui ne reflète pas la réalité”
Depuis plusieurs années, les autorités politiques et judiciaires mettent l’accent sur la nécessité de maximiser l’éloignement de ces détenus depuis la prison. Cette approche repose, selon Myria, sur une logique binaire : soit l’éloignement, soit l’enfermement. Or, cette logique ne reflète pas la réalité des profils concernés. Certains détenus sans droit de séjour disposent d’attaches fortes avec la Belgique, tandis que d’autres ne peuvent pas être éloignés, notamment pour des raisons liées au respect de leurs droits fondamentaux ou à des obstacles d’ordre diplomatique.
Myria appelle à limiter l’entrée des personnes sans droit de séjour en prison et à replacer la préparation à la réinsertion, en Belgique ou à l’étranger, au cœur de la peine. L’approche actuelle, estime le Centre, compromet l’objectif de réinsertion et entraîne des effets négatifs tant pour les personnes concernées que pour la société dans son ensemble.
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Avec Belga – Photo : Belga