Les Engagés craignent un “tourisme du contrôle technique”: “La situation est difficilement lisible”
À partir du 1er septembre, la Flandre va assouplir son système de contrôle technique automobile, avec notamment une périodicité de deux ans pour les voitures particulières. À Bruxelles, le contrôle annuel reste la règle pour les véhicules concernés.
Pour la députée bruxelloise Sofia Bennani (Les Engagés), cette évolution doit pousser la Région bruxelloise à réévaluer son propre système. “La sécurité routière et le respect des normes environnementales ne sont évidemment pas négociables. Mais soyons cohérents : si la Flandre, qui mène une politique exigeante en matière de sécurité routière, estime pouvoir faire évoluer la périodicité de ses contrôles, ce n’est certainement pas sur un coin de table. Bruxelles doit regarder les données, les évaluer et se demander si son propre système est encore adapté”, estime-t-elle.
La députée annonce qu’elle interrogera le gouvernement bruxellois afin de savoir si une analyse est en cours concernant la décision flamande et les données bruxelloises relatives aux défaillances constatées lors des contrôles annuels.
Selon Sofia Bennani, les véhicules des Bruxellois ont également évolué, notamment sous l’effet de la zone de basses émissions (LEZ). Elle estime dès lors qu’une nouvelle évaluation est nécessaire pour déterminer si Bruxelles pourrait, sous réserve du respect des exigences de sécurité et environnementales, passer elle aussi à une périodicité de deux ans.
Vers un “tourisme du contrôle technique” ?
La réforme flamande soulève également, selon Les Engagés, la question des différences entre les trois Régions. Depuis la régionalisation du contrôle technique en 2014, les réglementations peuvent en effet évoluer séparément. Sofia Bennani craint notamment l’apparition d’un “tourisme du contrôle technique”, avec des automobilistes bruxellois ou wallons tentés de présenter leur véhicule dans un centre flamand.
“On arrive à une situation difficilement lisible : le même véhicule circule à Bruxelles, en Flandre et en Wallonie, mais nous lui appliquons progressivement des règles différentes. À force de régionaliser sans rechercher un minimum de cohérence, c’est le citoyen qui finit par devoir sortir la carte de Belgique pour comprendre ses obligations”, dénonce la députée.
Elle demande dès lors une concertation rapide entre les trois Régions afin d’évaluer les conséquences de ces différences et de tendre vers une harmonisation des principales règles concernant la périodicité du contrôle technique.
“L’objectif doit être clair : garantir le même niveau d’exigence en matière de sécurité et d’environnement, tout en évitant des contraintes qui ne seraient plus justifiées. Si l’évaluation le permet, les Bruxellois doivent eux aussi pouvoir passer au contrôle technique tous les deux ans”, conclut-elle.