“Le bruit des avions nous rend fous” : des habitants du quartier Nord dénoncent une situation devenue “insupportable”
Des habitants du quartier Nord de Bruxelles tirent la sonnette d’alarme face au survol répété des avions. Dans un témoignage particulièrement virulent, ils décrivent un quotidien marqué par le bruit, le stress et une colère grandissante.
“Le bruit constant nous rend dingues”, témoignent-ils via notre bouton “Alertez-nous”. “Le bruit des avions qui approchent, qui repartent nous rend méchants sans que l’on ne s’en rende compte. Il y a un stress incommensurable qui s’accumule. Ce stress éclate contre les personnes qu’on aime. Une colère monstrueuse est en train de grandir. Le bruit nous tue.”
Les habitants expliquent vivre dans un quartier où ils sont déjà confrontés à de nombreuses problématiques sociales, mais où ils ont appris à composer avec cette réalité. “Nous aimons le quartier, sa vie, la mixité, les êtres humains qui le peuplent”, écrivent-ils. Mais le bruit des avions serait devenu, selon eux, impossible à supporter.
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“Les enfants lèvent la tête et arrêtent leur activité”
Le phénomène perturberait également la vie familiale. “Nos amis, notre famille regardaient de côté ce dimanche, interrompaient le temps nécessaire leurs conversations, essayant de faire semblant de rien”, racontent les habitants. Ils évoquent également leurs enfants : “Tous les jours, ils arrêtent de dessiner ou bricoler, lèvent leurs têtes, regardent par la fenêtre, puis reprennent le cours de leur activité.”
Une situation comparée à une scène du film Seven, dans laquelle le passage incessant d’un train perturbe la vie des occupants d’un appartement.
Pour ces habitants, la situation ne peut plus durer. “Comment est-il possible qu’on puisse être autorisé à affecter autant de personnes depuis des mois, plus d’un an, sans être obligé d’arrêter ?”, interrogent-ils.
“Un compromis n’est pas possible”
Ils contestent également l’idée d’un compromis entre les différentes contraintes liées à l’activité aérienne. “Un compromis n’est pas possible. Tout ne peut pas se mettre sur une même balance. En Belgique, la vie, la santé et le bien-être de milliers de personnes doivent être une priorité absolue et non négociable.”
Les habitants dénoncent notamment une réponse du cabinet du ministre fédéral de la Mobilité, Jean-Luc Crucke, concernant la situation. Celui-ci affirme vouloir travailler avec ses collègues afin de trouver une approche garantissant “la sécurité des vols”, répondant aux besoins des compagnies aériennes, tenant compte de l’importance économique de l’aéroport et intégrant “les contraintes liées à la protection de la santé publique”.
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Une formulation qui provoque l’indignation des habitants : “La santé publique est considérée en dernier lieu et comme une bête contrainte. Alors que c’est le premier des devoirs politiques que d’assurer à la population sa santé.”
“Nous n’en pouvons plus”
Les riverains disent désormais se sentir “désespérés” face à leur sentiment d’impuissance. “Nous n’en pouvons plus. Nous sommes désespérés de l’impuissance dans laquelle nous nous trouvons. L’impact est trop grand, c’est tout.” Ils réclament finalement une remise en question beaucoup plus profonde de l’organisation des vols au-dessus de Bruxelles, allant jusqu’à demander la suppression des pistes concernées.
“Une erreur a été commise délibérément, en connaissance de cause, à la base, il y a 40 ans. Quand une personne commet une erreur, elle essaie de la réparer. En tout cas, saine d’esprit et avec un peu d’humanité, elle ne construit pas sur cette erreur et ne la rend pas pire à chaque fois”, concluent-ils.
Et de lancer un appel : “S’il vous plaît, faites entendre la détresse de milliers de personnes. S’il vous plaît, levez-vous ensemble contre cette monstruosité.”
Rédaction