Vous avez bien dormi ? C’est agréable ces petites nuits fraîches durant lesquelles il ne fait que 25°C au lieu des 34°C enregistrés hier à Uccle. Le record de 1976 a été battu. Jamais il n’avait fait aussi chaud un 24 juin en Belgique. Dans les habitations, la température monte parfois jusqu’à 29, voire 30°C, et il est quasi impossible de les rafraîchir la nuit. Les écoles et les crèches ferment les après-midis. La province de Liège vient de passer en code rouge. Des trains sont supprimés faute de climatisation, les hôpitaux commencent à voir arriver des personnes fragilisées à cause de la canicule. Et pendant ce temps-là, le gouvernement continue ses réunions dans des bureaux climatisés et se moque presque des Belges qui se plaignent du chaud en mode « on n’est quand même jamais content ». Les codes alerte se multiplient, mais rien ne se passe. À se demander même pourquoi ils ont été mis en place s’ils ne sont pas assortis de mesures concrètes.

Lorsque le Risk Management group se réunissait pendant la période du covid, il prenait des mesures en fonction de ces codes couleurs représentant alors le nombre de contaminations. Pourquoi n’est-ce pas le cas ici ? Pourquoi laisser les Régions et les communes, une nouvelle fois, gérer seules les difficultés que rencontre la population ? À quel moment l’État fédéral, censé protéger les citoyens, va-t-il prendre conscience de la gravité de la situation de cette semaine et qu’en plus, de tels épisodes climatiques se reproduiront fréquemment dans les années qui viennent ? Remarque, du côté des Régions, à part nous répéter qu’il faut prendre une gourde dans notre sac, se protéger de la chaleur et ne pas faire d’efforts physiques intenses, elles ne sont pas mieux placées.

Ce sont une fois de plus les bourgmestres qui doivent prendre la décision d’activer leur plan canicule, d’annuler des événements pour éviter de saturer les équipes de secours. Rappelons qu’en 2003, l’épisode caniculaire avait fait 15.000 morts en France et près de 2.500 chez nous. Et les dirigeants voient encore ces quelques jours de chaleur comme une période presque agréable qui ne durera que peu de temps à l’échelle d’une année. Ce déni risque de leur être reproché et pourrait même être qualifié de non-assistance à personne en danger si, dans les prochaines années, rien n’est fait pour adapter notre mode de vie, nos logements, nos villes à ces épisodes caniculaires.

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