Anderlecht : des habitants érigent un mur de déchets devant la maison communale pour dénoncer l’insalubrité du quartier Cureghem
Environ 80 habitants du quartier anderlechtois de Cureghem ont érigé dimanche, devant la maison communale, un mur constitué de détritus ramassés dans leurs rues durant la matinée. Par cette action, les citoyens souhaitaient attirer l’attention sur le problème des déchets auquel le quartier est confronté, qui est en partie lié aux mesures d’économies prises par l’administration communale.
“Il y a quelques semaines, la commune a décidé, dans le cadre de ses mesures d’économies, que ses services de propreté ne seraient plus actifs le week-end, alors que ce quartier est coincé entre le Marché du Midi, qui a lieu chaque dimanche, et les Abattoirs d’Anderlecht, ouverts tous les jours”, explique Charlotte Inghels, habitante de Cureghem et l’une des initiatrices de l’action de nettoyage. “Ces lieux génèrent une quantité énorme de déchets, surtout le week-end.”
Les habitants ont déjà interpellé l’administration communale à ce sujet, mais la réponse qu’ils ont reçue n’était guère engageante, selon Charlotte Inghels. “L’échevin a dit qu’il ‘espérait’ pouvoir disposer d’une nouvelle équipe d’ici trois mois. Trois mois, c’est après l’été : ça ne peut pas continuer comme ça. C’est pourquoi nous avons décidé, il y a deux semaines, de lancer cette action.”
Plusieurs collectifs citoyens, associations et habitants se sont munis de gants, pinces et sacs-poubelle vers 10h30 pour ramasser les ordures qui jonchent leurs trottoirs. Grâce à quatre camionnettes qui faisaient des allers-retours, ils ont réussi à constituer, vers midi, un véritable mur de déchets.
“Le quartier est encore loin d’être impeccable et nous sommes conscients que ce ne sera pas la dernière fois, mais cela doit déjà être un signal clair”, poursuit Charlotte Inghels. “Sans les services de propreté de la commune, nous ne pouvons pas faire face à la situation. Il faut un plan d’action clair, adapté à Cureghem. Les économies doivent être adaptées aux besoins et aux défis de chaque quartier, et non appliquées aveuglément à l’ensemble de la commune.”
Les habitants réclament notamment le retour des services de propreté le week-end ainsi qu’un renforcement de ceux-ci en période estivale et lors des pics d’affluence. Ils demandent également davantage de poubelles publiques et des dispositifs de collecte mieux adaptés aux besoins réels du quartier, dans le respect des conditions de travail du personnel. Enfin, ils plaident pour un plan de propreté global, basé sur les constats de terrain et élaboré en concertation avec les habitants, les associations, les écoles, les commerçants, les entreprises et les autorités.
Belga