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“Le gouvernement a annoncé que les règles, on s’en fout” : les syndicats de l’enseignement menacent de perturber les épreuves de fin d’année

Alors que le Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles devait se prononcer ce jeudi soir sur le décret-programme contesté, plusieurs milliers d’enseignants, d’étudiants et d’élèves ont manifesté dans les rues de Bruxelles. Malgré un vote attendu en faveur du texte, les syndicats préviennent que la contestation est loin d’être terminée. Invités de Bonsoir Bruxelles, Valérie Denayer, secrétaire de l’interrégionale bruxelloise de la CGSP Enseignement, et Fabrice Pinna, secrétaire régional de la CSC Enseignement, ont affiché leur détermination à poursuivre le mouvement à la rentrée.

C’est une menace forte. Interrogée sur une éventuelle non-organisation des épreuves certificatives obligatoires, comme le CE1D ou le CESS, Valérie Denayer, secrétaire de l’interrégionale bruxelloise de la CGSP Enseignement, n’a pas écarté l’idée. “C’est une bonne idée que vous nous donnez”, a-t-elle répondu avec ironie, avant de confirmer que cette hypothèse faisait partie des discussions.

Pour les syndicats, cette réflexion est liée à la manière dont le gouvernement a géré l’adoption du décret-programme. La majorité est accusée d’avoir contourné certaines règles parlementaires pour accélérer le vote du texte.

Le gouvernement a quand même annoncé deux fois en moins de 24 heures que les règles, on s’en fout“, a dénoncé Fabrice Pinna, secrétaire régional de la CSC Enseignement. Dans cette logique, Valérie Denayer a remis en question le caractère intangible des obligations imposées aux enseignants : “Ces épreuves ne sont plus obligatoires du coup. Pourquoi elles seraient obligatoires ?

Une colère qui ne retombera pas pendant l’été

Les responsables syndicaux rejettent l’idée que les vacances scolaires permettront d’éteindre la contestation. “Il y a quelque chose d’exceptionnel et d’historique qui se passe dans ce mouvement”, estime Valérie Denayer. Selon elle, de nombreux enseignants réclament déjà de nouveaux plans d’action pour la rentrée.

La secrétaire de la CGSP refuse toutefois de dévoiler les prochaines initiatives. “L’effet de surprise est important aussi“, explique-t-elle, laissant entendre que d’autres actions sont à l’étude.

Quelles conditions pour sortir de la crise ?

Pour Valérie Denayer, le vote du décret ne suffira pas à tourner la page. “Il faut retirer les décrets, mais pas que celui-là“, affirme-t-elle. Selon elle, le malaise dans l’enseignement dépasse largement le seul décret-programme et touche à plusieurs réformes menées par le gouvernement.

Elle estime qu’un simple changement de personnes ne serait pas suffisant. “Une démission des ministres sans retirer les sales mesures qu’elles ont mises en place, ça ne suffira pas“, prévient-elle. “Les gens ne seront pas prêts à recommencer à travailler normalement s’il n’y a pas un geste fort.

Fabrice Pinna appelle quant à lui les Engagés à prendre leurs distances avec leur partenaire de coalition. “S’ils veulent continuer à pouvoir se regarder dans un miroir et dormir la nuit, ils doivent tout de suite se désolidariser du MR. Tout de suite.

Pour les syndicats, l’adoption du décret-programme ne constituerait donc pas la fin du conflit, mais une nouvelle étape d’un mouvement qui promet déjà de se prolonger bien au-delà de cette fin d’année scolaire.

Retrouvez Bonsoir Bruxelles à 18h20, du lundi au vendredi, sur BX1
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