“On ne sait pas si ce qu’on connaît est représentatif de toute la Lune” : les enjeux scientifiques d’Artémis II
Plus de 50 ans après les missions Apollo, la conquête lunaire entre dans une nouvelle phase avec la mission Artémis II. Un vol habité qui marque le retour des humains autour de la Lune. Invitées dans Bonsoir Bruxelles, Sophie Van Eck, professeure en astrophysique à l’Université libre de Bruxelles, et Alice Michel, ingénieure au B.USOC (Belgian User Support and Operations Centre), reviennent sur les enjeux scientifiques et technologiques de cette mission.
Pour les scientifiques, l’un des grands objectifs d’Artémis est de combler les lacunes laissées par les missions Apollo.
“Les roches lunaires ont été collectées lors des missions Apollo, mais souvent dans les mêmes sites”, explique Sophie Van Eck. “On a surtout échantillonné les mers lunaires, qui ont une composition chimique assez similaire.” Un biais qui limite encore aujourd’hui notre compréhension globale du satellite. “On ne sait pas si c’est représentatif de toute la Lune”, souligne-t-elle.
L’ambition du programme Artémis est donc claire : explorer de nouvelles régions et analyser d’autres types de sols. “Ce qu’on aimerait, c’est échantillonner d’autres endroits pour voir si la composition chimique de la Lune est homogène ou pas.”
Des images à forte portée symbolique
Au-delà de la science, la mission produit déjà des images marquantes, prises depuis le vaisseau Orion.
“Ces images vont devenir iconiques, un peu comme celles de 1968”, estime Sophie Van Eck, en référence aux clichés historiques des missions Apollo.
Mais leur importance dépasse le simple aspect esthétique. “Elles permettent de prendre conscience que la Terre est une petite boule perdue dans l’immensité de l’univers”, explique-t-elle. “C’est notre radeau de survie et il faut en prendre grand soin.”
Une mission rendue possible par la coopération internationale
Sur le plan technologique, Artémis II repose sur des avancées majeures… mais aussi sur une forte collaboration internationale.
“On est prêts, ça c’est certain”, affirme Alice Michel. Si les États-Unis restent en première ligne, l’Europe joue un rôle clé dans la mission. Un élément central du vaisseau Orion, le module de service, a été conçu par l’ESA, Agence spatiale européenne. “Il est utilisé pour la propulsion, l’alimentation en air, en électricité et en eau pour les astronautes”, précise-t-elle.
De quoi relativiser l’image d’une mission uniquement américaine. “Les Européens peuvent en revendiquer une grande partie”, insiste Alice Michel.
De multiples enjeux
Entre avancées scientifiques, prouesses technologiques et portée symbolique, Artémis II s’inscrit comme une étape clé du retour de l’humain vers la Lune. Avec un retour de l’Homme sur l’astre prévu en 2028.
L’objectif à plus long terme : mieux comprendre notre satellite… et, indirectement, mieux comprendre la place de la Terre dans l’univers.
► Retrouvez Bonsoir Bruxelles du lundi au vendredi de 18h20 à 19h
■ Une interview de Sophie Van Eck et Alice Michel au micro de Fabrice Grosfilley et Bryan Mommart dans Bonsoir Bruxelles