“Aujourd’hui, le Foyer anderlechtois est un modèle de bonne gouvernance”
Le Foyer anderlechtois est ciblé par des critiques récurrentes ces derniers mois. Les conclusions d’un audit mené en 2025 par la SLRB, son organisme de tutelle, sur l’exercice 2024, dresse un consat sévère et notamment l’omniprésence de son président Lotfi Mostefa. Il s’explique dans Bonjour Bruxelles, et répète que tout “est solutionné” ou “en cours de normalisation“: “aujourd’hui que le Foyer anderlechtois est un modèle de bonne gouvernance”.
Une confusion des rôles au sein du Conseil d’Administration, de la présidence et de la direction générale est notamment pointée par l’audit. “C’est une photographie de l’époque, de la situation telle que je l’ai trouvée en 2020“, répond Lotfi Mostefa. “Et d’ailleurs la moitié des recommandations ont été solutionnée et ce n’est pas moi qui le dis, ce sont les auditeurs. Je suis peut-être hyper-présent, mais je préfère qu’on m’accuse d’être un mandataire public omniprésent que d’être un mandataire absent. Je pense par contre qu’il faut clarifier le cadre dans lequel moi et le directeur général, tout ça est en cours de suivi, donc ce n’est pas un risque de bonne gouvernance.”
► Lire aussi | Les dérives du Foyer anderlechtois mises au jour dans un audit
“L’audit dit tout simplement qu’il y a un président qui est actif, qui est omniprésent, parce qu’il y a des processus qui manquent, des procédures qui ne sont pas présentes,” poursuit le président du Foyer anderlechtois. “Un cas concret, par exemple. Ce week-end, un des locataires m’appelle parce qu’il n’y a pas de système de garde, il y a encore des questions qui doivent être débattues avec les syndicats. Donc effectivement, quand des personnes n’ont pas d’eau chaude, quand l’ascenseur est en panne, le réflexe naturel c’est d’appeler le président. Donc oui, j’ai de l’empathie pour les locataires, j’ai de l’empathie pour les citoyens. Si on peut dire, c’est de l’omniprésence. Oui, effectivement, je suis hyper hyperactif, mais tout ça est en cours de normalisation. On est en train de réformer le cadre.”
“50% solutionné, 40% en cours”
Le volet des achats et des factures du quotidien était particulièrement critiqué. L’audit évoquait des procédures partielles et peu claires, avec des délégations de signature mal définies pour les dépenses inférieures à 30.000 euros. La mise en place d’un nouveau système de gestion devrait toutefois améliorer la traçabilité. “Je peux vous dire aujourd’hui que le Foyer anderlechtois est un modèle de bonne gouvernance parce que tout ça a été solutionné depuis 2024. Un nouvel outil informatique a été mis en place. Les équipes travaillent d’arrache-pied“, répond Lotfi Mostefa. “Il y a un plan d’action qui est en route pour 2026 ( …) J’ai moi-même demandé à clarifier certaines procédures, à créer certains nouveaux process et tout ça est en cours de suivi. 50 % ont été solutionnés, 40 % sont en cours d’être planifiés. Cela prouve que nos équipes travaillent bien sur le processus et le suivi et un plan d’action également.”
► Lire aussi | Foyer anderlechtois : un comité de dérogation jugé illégal par la SLRB
“La question des loyers impayés, c’est aussi solutionné. L’audit lui-même dit que le foyer est en phase de transformation. On est passé d’une société sous pression à une société, quand même, il faut le rappeler, où on construit plus de 1000 logements, donc c’est un tiers des logements en Région bruxelloise qui sont sur les épaules du Foyer. Lorsque je suis arrivé comme président en 2020, j’avais comme objectifs de continuer à rénover les logements existants, construire du logement social supplémentaire et remettre de l’ordre. Tout ça est en bonne voie.”
La N-VA exige que le Parlement bruxellois mette en place une commission d’enquête, “ce n’est pas une grande surprise“, pour Lotfi Mostefa, “je pense qu’ils ne sont pas très objectifs. On a été transparent de notre côté. On a divulgué l’audit de manière publique. Je vous mets au défi de trouver une société de logement qui diffuse publiquement un audit. Donc ça prouve bien qu’on est transparent et serein par rapport à tout ce qui se passe en interne. Je ne commenterai pas en tout cas les attaques politiques de certains. Moi, je me contente de répondre à une crise sociale, à une crise du logement, à des familles qui sont dans la vulnérabilité. C’est ma priorité, le reste je m’en contrefiche.”