“Comment peut-on être crédible en disant qu’il n’y aura pas de licenciements ?” : Alain Maron dénonce les coupes budgétaires dans la propreté et l’environnement, Clémentine Barzin se défend
La Région bruxelloise peut-elle redresser ses finances sans entrer dans une logique d’austérité ? C’était la question au cœur du débat ce jeudi soir dans l’émission Bonsoir Bruxelles. Les députés Clémentine Barzin (MR) et Alain Maron (Ecolo) étaient les invités pour discuter du budget régional et de la trajectoire financière annoncée par le gouvernement.
Le budget régional validé par le gouvernement bruxellois le 5 mars, qui prévoit de ramener le déficit sous le milliard d’euros avec une trajectoire vers l’équilibre budgétaire en 2029 a été au coeur des échanges. Mais pour Alain Maron, ces objectifs se traduisent déjà par des coupes budgétaires importantes dans certaines politiques publiques. L’ancien ministre écologiste pointe notamment les moyens consacrés à l’environnement et à la propreté : “Le budget de Bruxelles Propreté est réduit de 30 %, et les budgets pour l’environnement, l’énergie, la qualité de l’air ou la surveillance du survol de Bruxelles diminuent d’environ 25 %“, affirme-t-il.
Pour lui, ces chiffres rendent difficile la promesse du gouvernement de ne pas licencier dans l’administration régionale : “Comment peut-on être crédible en disant qu’il n’y aura pas de licenciements ? Cela n’a aucun sens“, lance-t-il, s’adressant directement à Clémentine Barzin.
La députée libérale conteste toutefois l’interprétation. Selon elle, il ne s’agit pas de suppressions de postes mais d’un moratoire sur le remplacement des départs dans la fonction publique. Clémentine Barzin défend surtout un changement d’approche dans la gestion des dépenses publiques. Elle estime que certaines politiques environnementales ont été mal ciblées ces dernières années : “Quand on voit les dépenses faites par Bruxelles Environnement, par exemple des subsides pour des nichoirs ou un appel à projets de 2,4 millions d’euros pour des champs de céréales, à un moment il faut avoir le courage de faire l’inventaire de ce qui fonctionne et de ce qui ne fonctionne pas“, affirme-t-elle.
Pour la députée MR, l’objectif est de réorienter les moyens vers les priorités des Bruxellois plutôt que de maintenir des subsides jugés inefficaces. Alain Maron ne se laisse pas convaincre et renvoie la critique. Il accuse la majorité de réduire des politiques publiques essentielles tout en continuant à investir dans d’autres projets coûteux : “Comme le métro 3, où vous allez mettre 50 millions d’euros dans les prochaines années“, réplique-t-il.
D’un côté, la majorité défend un redressement des finances publiques et une meilleure efficacité de la dépense. De l’autre, l’opposition dénonce un budget d’austérité qui risque selon elle de fragiliser certaines politiques publiques.
Le débat ne fait que commencer. Le budget doit être examiné lundi prochain en commission des Affaires générales et des Finances du Parlement bruxellois, avant un vote final prévu le 27 mars en séance plénière.
■Interview de Clémentine Barzin et Alain Maron dans Bonsoir Bruxelles, au micro de Fabrice Grosfilley et de Jamila Saidi M’rabet
La Rédaction