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Action féministe devant le Cirque Royal contre la programmation d’Ary Abittan

Environ 200 manifestantes se sont rassemblées mardi devant le Cirque Royal à Bruxelles, à l’ouverture des portes vers 19h00, à l’appel de plusieurs collectifs féministes, dont le Collectif 8 mars. L’action visait à dénoncer la programmation de l’humoriste français Ary Abittan, visé par une plainte pour viol en 2021, classée sans suite par la justice française. Le slogan “Ary Abittan violeur” est revenu tout au long du rassemblement.

Certaines militantes portaient des déguisements évoquant Brigitte Macron, qui avait traité des féministes de “sales connes” en marge d’un spectacle du comédien en décembre dernier. “Pour être écoutées, s’il faut mettre les habits des femmes de pouvoir, on le fera”, a déclaré une manifestante. Une autre dénonçait “un système qui fonctionne pour protéger les violeurs”, accusant le Cirque Royal de “complicité”.
“Nous ne nous tairons pas, ni ici, ni dans les salles, ni sur scène, ni ailleurs,” ont affirmé les militantes.

Pour Charlotte Forges, membre du Collectif 8 mars, la mobilisation vise avant tout à rendre visible un déséquilibre de parole. “Tant que la parole des victimes de violences sexistes et sexuelles est confisquée, nous occuperons tout l’espace possible pour la faire entendre”, explique-t-elle. Selon elle, l’argument consistant à “séparer l’homme de l’artiste” revient surtout à “exclure les victimes des scènes culturelles”. 

L’humoriste belge Florence Mendez a également pris la parole, un discours largement applaudi par les manifestantes. Elle a dénoncé un système qu’elle juge défaillant sur les plans judiciaire, médiatique et culturel. “Nous continuons de recueillir la parole de victimes que les institutions n’ont pas protégées”, a-t-elle déclaré, estimant que les décisions judiciaires ne suffisent pas à empêcher la répétition des violences. Elle a également rappelé que les violences sexuelles constituent une question de droits humains et dénoncé une “tolérance institutionnelle devenue intolérable”.
L’humoriste a également remis en cause l’idée selon laquelle la loi suffirait à garantir la justice. “Le patriarcat se cache derrière la loi, mais la loi a toujours évolué”, a-t-elle affirmé, rappelant qu’il a été légal par le passé de battre sa femme ou de posséder des esclaves. “La loi ne définit pas nos valeurs. Ce sont nos valeurs qui doivent servir de boussole à la loi.”
Elle a enfin insisté sur la portée collective et symbolique de la mobilisation. “Les violences laissent des traces durables, pour les victimes comme pour celles et ceux qui les portent”, a-t-elle déclaré, estimant que la présence des manifestantes constituait déjà “un acte de mémoire et de résistance”. Son intervention s’est conclue par ces mots : “Nous sommes là”, longuement applaudis par les manifestantes.

À l’entrée du public – 850 places vendues sur 1.850 – les réactions ont été contrastées. Des huées et des slogans tels que “Shame, shame on you” ou “Public complice” ont retenti. Certains spectateurs ont baissé le regard, d’autres ont interpellé les manifestantes. “On en a marre de ces gonzesses. Il a été innocenté. Il faut pouvoir tourner la page”, a lancé un homme. Une femme âgée a crié “Bande de connes”, suscitant une réponse collective : “On n’est ni sales ni connes, et on l’est si on a envie de l’être.”

En janvier 2025, la cour d’appel de Paris a confirmé le non-lieu dont bénéficie Ary Abittan, mis en examen après une plainte déposée par une femme l’accusant de lui avoir imposé un acte sexuel particulièrement violent lors d’une soirée en octobre 2021. Des lésions vaginales et anales ainsi qu’un traumatisme avaient été constatés médicalement, avec une incapacité temporaire de travail initialement fixée à deux jours, puis réévaluée à dix jours. Les juges ont estimé qu’il n’existait pas d’indices graves ou concordants suffisants pour renvoyer l’artiste devant un tribunal.
Depuis cette décision judiciaire, Ary Abittan a repris ses spectacles, plusieurs ayant déjà été accompagnés d’actions féministes similaires.

Contacté, le Cirque Royal n’a pas souhaité faire de commentaire au sujet de la manifestation organisée devant ses portes.

Belga – Image : Instagram
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