Projet de fusion UCL – Saint-Louis : « Une remise en cause majeure du paysage francophone »

UCL - LogoLa fusion de l’UCL et de l’Université Saint-Louis « annoncerait une remise en cause majeure du paysage universitaire francophone« , dénoncent mardi dans une carte blanche publiée par le journal Le Soir les recteurs de l’ULB, de l’ULg et de l’UMons, qui plaident pour le respect du décret Paysage. Valider politiquement une modification de celui-ci perpétuera une « concurrence stérile » qui « gaspille les énergies et les deniers publics », écrivent-ils.

L’annonce des votes respectifs au sein de l’UCL et de Saint-Louis en faveur de la fusion, le 18 mai, « s’est accompagnée de propos lénifiants visant à minimiser la portée de cette manoeuvre« , taclent d’emblée Yvon Englert (ULB), Albert Corhay (ULg) et Calogero Conti (UMons). Les trois recteurs plaident pour le respect du décret Paysage, qui organise depuis 2013 l’enseignement supérieur sur une base géographique en cinq pôles, pour favoriser la complémentarité et réduire la concurrence. La décision des responsables de l’UCL et Saint-Louis risque « d’entraîner leur communauté dans une voie contraire à la législation est de leur responsabilité, mais ne peut s’imposer aux autres ni contraindre le monde politique à modifier la loi sous la dictée« , écrivent les signataires. La modification du décret conduirait à « rouvrir les manoeuvres de rapprochement confessionnels et, en réaction non confessionnels« , laissent entendre les trois hommes. Cela mènera à terme à « un clivage » entre un bloc confessionnel autour de l’UCL et un laïc autour de l’ULB, « perpétuant la concurrence stérile que le décret a bannie et qui gaspille les énergies et deniers publics au lieu de regarder les grands défis internationaux qui attendent » les universités, présagent Englert, Corhay et Conti.

De leur côté, les fiancés UCL et Saint-Louis se basent notamment sur la Constitution, qui garantit la liberté d’association et d’enseignement, rappelle Le Soir. La Fédération de l’enseignement supérieur catholique, qui avait saisi la Cour constitutionnelle contre le décret Paysage, souligne que l’arrêt de cette dernière précise que le texte « tient compte de l’autonomie des institutions d’enseignement supérieur (…) et de leur volonté de pouvoir poursuivre librement leurs collaborations« . (Belga)

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30 mai 2017 - 10h10