Filière djihadiste de Jumet : la fille de l’échevin de Molenbeek El Khannouss plaide l’acquittement

ATTENTION EDITORS - SMARTPHONE PICTURE - BEST QUALITY AVAILABLE  A syrian man, Eahya El Aani (26) is accused of having a false passport and illegal stay in Belgium, appears in front of Charleroi criminal court , Wednesday 07 December 2016. The man was arrested in Charleroi airport in 2014, he was in possesion of pictures of severed heads and documents in relation with djihad and terrorism. BELGA PHOTO FREDERIC DUBOIS

Le tribunal correctionnel de Charleroi a entendu les dernières plaidoiries, mercredi, dans le dossier de terrorisme impliquant sept prévenus. Soupçonnée de s’être mariée pour faciliter un départ en Syrie, la fille de l’échevin Ahmed El Khannouss, Inès El Khannouss, a plaidé l’acquittement. En aveux sur la matérialité des faits, les autres ont sollicité un sursis probatoire.

Les sept prévenus sont poursuivis pour participation à une organisation terroriste, en l’espèce l’Etat islamique. Me Couquelet, conseil de Bilal M., a plaidé le sursis probatoire pour son client qui reconnaît avoir participé à des conversations sur le réseau social Telegram à propos de Daesh et d’attentats. L’avocate a contesté la qualité de dirigeant du jeune homme, qui est doté d’un quotient intellectuel de 57. Selon Me Couquelet, ce dernier n’aurait pris aucune intiative et ne serait pas à l’origine de l’idée d’attaquer des commissariats ou des « francs-maçons ». L’agression au marteau d’un policier lors de son arrestation serait quant à elle une simple rébellion et non une tentative de meurtre comme l’indique le parquet fédéral. « Il a pris conscience d’avoir franchi la ligne rouge et veut rentrer dans le droit chemin. Il faut le punir et l’éduquer », a préconisé l’avocate.

Me Pouossi, qui défend Mohamed M., a reconnu que son client était « animé par la colère envers ses parents et la société en général », mais que s’il a évoqué des attentats sur les réseaux sociaux, ce n’était « que de la frime ». L’avocate a pointé l’isolement et les faibles connaissances du prévenu – dont « l’oisiveté l’a conduit au chaos » – pour solliciter un sursis probatoire pour ce qui excède la détention préventive.

Me Devos a fait de même pour Mohamed O., uniquement concerné par ses relations avec Bilal M. et des publications de propagande djihadiste sur Facebook. L’avocate a également souligné la vie virtuelle que menait son client, entre internet et consommation de cannabis.

Enfin, Me Bouchat a plaidé l’acquittement pour Inès El Khannouss, fille de l’échevin molenbeekois Ahmed El Khannouss qui s’était mariée religieusement avec Youness B., un individu déjà condamné pour des faits de terrorisme. « Rien n’indique que ce dernier voulait véritablement se rendre en Syrie. Elle s’était amourachée de lui et ce mariage était la seule solution pour elle de formaliser leur union désavouée par sa famille. Il n’y a aucune preuve qu’il ne s’agit pas d’un acte passionnel. »

Jugement le 28 juin. (Belga, photo Belga/Frédéric Dubois)

Partager l'article

07 juin 2017 - 16h08