"War Dogs": une tragi-comédie sur le trafic d'armes

En salles ce mercredi, « War Dogs » raconte sur un ton tragi-comique l’histoire incroyable mais vraie de deux Américains qui ont monté un trafic d’armes pendant la guerre en Irak. Mis en scène par Todd Phillips, réalisateur de la trilogie à succès « Very Bad Trip », le film s’inspire d’une affaire révélée en 2011 par le magazine américain Rolling Stones.

Âgés alors d’une vingtaine d’années, deux amis d’enfance, Efraïm Diveroli et David Packouz, antihéros interprétés par Jonah Hill (« Le Loup de Wall Street ») et Miles Teller (« Whiplash »), ont monté dans les années 2000 un trafic d’armes très lucratif pendant la guerre en Irak.

Ils ont profité d’un dispositif du gouvernement américain permettant à de petites entreprises de répondre à des appels d’offre de l’armée pour s’enrichir rapidement. Mais ils se sont retrouvés pris dans un engrenage incontrôlable, franchissant toutes les limites de la légalité à l’occasion d’un énorme appel d’offres pour fournir des munitions pour l’Afghanistan.

Quand il a découvert cette histoire, Todd Phillips « ne pouvait pas croire que c’était vrai ».

« Parfois dans la vie, la vérité est plus étrange que la fiction (…) Le fait que ce soit une histoire vraie était l’un des aspects qui m’ont le plus attiré », a-t-il indiqué dans un entretien avec des journalistes à Paris.

Souvent drôle, le film est porté par la prestation des acteurs et notamment de Jonah Hill en magouilleur haut en couleur et ambigu, chaîne en or et rire inquiétant, à la fois charismatique et manipulateur.

Pour préparer « War Dogs », le réalisateur et les deux acteurs ont pu rencontrer David Packouz, qui a été « très impliqué » dans le film, « clairement raconté de son point de vue », a expliqué Todd Phillips.

Pour le réalisateur, qui se dit « obsédé par les types qui prennent des mauvaises décisions », « War Dogs » est « une comédie qui d’une certaine façon se transforme en drame ».

Avec ce long métrage tourné entre la Jordanie, le Maroc, la Roumanie et les Etats-Unis, et coproduit par l’acteur Bradley Cooper, le réalisateur dit aussi avoir voulu « mettre un coup de projecteur sur le fait que la guerre est un business, et un business dégueulasse ».

« Il n’y a pas eu beaucoup de films sur cette somme obscène d’argent que se font un très petit groupe de gens grâce à la guerre. Je pensais que ce serait intéressant de mettre un coup de projecteur là-dessus », a-t-il dit.

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14 septembre 2016 - 15h30