Rudy Van Gelder, ingénieur du son de génie du jazz, mort à 91 ans

Rudy Van Gelder, l’ingénieur du son qui a enregistré quelques-uns des albums de jazz les plus marquants de l’histoire, est décédé jeudi à l’âge de 91 ans. Van Gelder a notamment supervisé en 1964 l’enregistrement de « A Love Supreme » de John Coltrane, dont on dit parfois qu’il s’agit du meilleur album de jazz de tous les temps.
Il a aussi « capturé » le génie de Miles Davis, Herbie Hancock, Thelonious Monk, Tom Jobim, Sonny Rollins ou encore Horace Silver.
Son décès a été confirmé par le prestigieux label Blue Note Records, où il a été le chef ingénieur du son pendant des décennies, et par son neveu Gregg Van Gelder, qui vit dans le nord de l’Etat de New York, où il a un magasin de disques.
« Il n’y a pas pas de mots pour dire l’importance de son rôle dans l’histoire du jazz », a souligné Blue Note.
Van Gelder était opticien de formation mais il a voulu devenir ingénieur du son dans les années 40, en même temps qu’il a découvert les concerts de jazz à New York et qu’il s’est pris de passion pour la radio.
Il a débuté chez Blue Note en 1953. Le son Van Gelder s’est ensuite confondu avec le label au point de parler de « Blue Note sound ».
C’est en bidouillant les micros allemands Neumann U47, tout juste sortis sur le marché à l’époque, qu’il a réussi à capturer l’essence des instruments et des musiciens.
« En ce temps-là, y compris jusque dans les années 50, la qualité de l’équipement et celle des disques eux-mêmes étaient totalement incapables de rendre ce que les musiciens jouaient sur scène », avait-il raconté au blog JazzWax en 2012.
« J’ai dû expérimenter pour trouver le meilleur moyen de disposer musiciens et microphones de façon à ce que le son soit le plus chaud et le plus réaliste possible », avait-il souligné.

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26 août 2016 - 05h15