Myanmar: L'ONU tire la sonnette d'alarme suite aux violences dans l'Etat de Rakhine

Des attaques menées récemment contre des gardes-frontières et des membres des forces de sécurité à la frontière birmane avec le Bangladesh suscitent l’inquiétude de l’ONU. Le Conseiller spécial sur le Myanmar appelle la population civile à ne pas se « laisser entraîner dans une réaction visant d’autres communautés ou groupes religieux » dans un pays sujet à des tensions confessionnelles entre bouddhistes et musulmans. Neuf policiers ont été tués le 9 octobre dans l’Etat de Rakhine lors d’attaques violentes menées contre trois postes frontières par des individus et groupes non identifiés. Huit insurgés ont aussi été tués.
Si le Conseiller spécial du Secrétaire général sur le Myanmar, Vijay Nambiar, estime que les autorités ont donné des instructions adéquates et légales visant à maintenir la paix, il exhorte la population à ne pas succomber à la tentation d’escalade de violences.
« En ce moment délicat, les communautés locales à tous les niveaux doivent refuser d’être provoquées par ces incidents et leurs dirigeants doivent s’efforcer activement de prévenir l’incitation à la haine ou à la haine mutuelle entre les communautés bouddhiste et musulmane », communique-t-il dans une déclaration de presse.
Les attaques de la semaine passée n’ont pas été revendiquées, mais les autorités de l’Etat de Rakhine estiment qu’elles ont été orchestrées par des « insurgés du RSO », un groupe connu sous le nom d’Organisation de solidarité Rohingya, la minorité musulmane non reconnue au Myanmar, actif dans les années 80 et 90.
Cet Etat à l’ouest de la république, bordant le golfe du Bengale et partageant une frontière avec le Bangladesh, avait été le théâtre d’affrontements inter-communautaires entre bouddhistes et musulmans qui ont fait plus de 200 victimes en 2012, notamment Rohingya. Plus de 100.000 d’entre eux vivent toujours dans des camps de déplacés dans cet Etat depuis ces violences.
La Prix Nobel de la Paix Aung San Suu Kyi, qui siège désormais au gouvernement depuis les premières élections démocratiques organisées l’an passé, a fait appel à l’ex-secrétaire général de l’ONU Kofi Annan pour l’aider à résoudre ce conflit confessionnel.

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12 octobre 2016 - 03h20