M. Lamar explore la vision "apocalyptique" du gospel noir américain

Natif de l’Alabama, berceau du Mouvement pour les droits civiques des Noirs dans le Sud profond des Etats-Unis, le chanteur gothique M. Lamar explore dans sa dernière composition la tonalité « apocalyptique » de la musique gospel, qu’il décrit comme un appel à la fin du monde par un peuple enchaîné. Dans « Funeral Doom Spiritual », M. Lamar apporte sa voix de contre-ténor à une réinterprétation des chants Gospels, en se projetant 100 ans dans le futur, dans un monde dominé par les partisans de la suprématie de la race blanche.

La pièce, composée avec Hunter Hunt-Hendrix du groupe de métal Liturgy, sera présentée vendredi et samedi au festival annuel d’opéra expérimental Prototype, à New York.

M. Lamar, qui se décrit comme un artiste « négrogothique » – formé à la musique classique mais qui situe ses racines musicales dans le heavy metal – y joue du piano et s’immerge dans des effets de lumière et les accompagnements électronique et d’instrument à corde.

Pour M. Lamar, la nature apocalyptique de la musique religieuse noire américaine « fait parfaitement sens », car la Bible était généralement le seul texte autorisé pour les esclaves.

« C’est vraiment poignant de penser à ces esclaves africains, à ces gens qui étaient en servitude, rêvant à la fin du monde, le monde de la suprématie blanche, le monde des plantations », a-t-il confié à l’AFP.

L’intrigue de « Funeral Doom Spiritual » tourne autour d’un transport éternel de cercueils, comme un mouvement ininterrompu dans l’expérience afro-américaine, de l’esclavage à la ségrégation et au-delà.

En plaçant « Funeral Doom Spiritual » en l’an 2116, M. Lamar montre son pessimisme profond sur la période actuelle aux Etats-Unis, avec une attention croissante sur le comportement de la police et une élection présidentielle entachée de racisme.

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12 janvier 2017 - 12h00