Les réseaux sociaux ont engendré des pratiques "étranges", affirme un cheikh saoudien

Les réseaux sociaux ont engendré d' »étranges pratiques », conduisant les gens à utiliser le « bout de leurs doigts au lieu de leur tête », a affirmé vendredi un responsable religieux en Arabie saoudite où l’utilisation des plateformes en ligne est très répandue. « La nature des réseaux sociaux a donné lieu à d’étranges pratiques en contradiction avec la morale, les coutumes et les normes », a indiqué le cheikh Saoud al-Chreim au cours de la prière du vendredi à la Grande mosquée de La Mecque, a rapporté l’agence officielle du royaume Spa.
« Les gens utilisent le bout de leurs doigts pour penser au lieu de leur tête », a-t-il déclaré, soulignant que la facilité de la communication virtuelle avait détourné l’attention des utilisateurs de la « grandeur et importance » du monde réel.
Les réseaux sociaux ont, selon lui, « éliminé beaucoup d’inhibitions ou de barrières », permettant aux gens de s’exprimer dans des termes qu’ils n’auraient pas utilisés « devant de (vrais) gens ».
L’Arabie saoudite est un pays ultraconservateur régi par le wahhabisme, une version rigoriste de l’islam. Mais plus de la moitié des Saoudiens sont des jeunes de moins de 25 ans et les pressions sont fortes pour des changements dans la société.
Début janvier, le mufti d’Arabie saoudite, plus haute autorité religieuse du pays, s’est insurgé contre la possible ouverture de cinémas et la tenue de concerts dans le royaume, estimant qu’elles seront sources de « dépravation ».
L’introduction de loisirs et de divertissements figure parmi les objectifs d’un ambitieux plan de réformes et de diversification de l’économie, Vision 2030, lancé en avril par le vice-prince héritier saoudien, Mohammed ben Salmane, fils du souverain et âgé de 31 ans.

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03 février 2017 - 21h55