Le nouveau "Blair Witch" est un "copier-coller" du passé

On prend le même concept et on recommence! Plus de quinze ans après le premier opus, « Blair Witch » réinvestit les salles obscures dès ce mercredi. La première heure se résume à un vulgaire copier-coller du passé, peut-on lire mercredi sur le site de LCI. Année 1999: Daniel Myrick et Eduardo Sánchez, deux étudiants de cinéma floridiens, accouchent d’un petit film expérimental, réalisé pour une bouchée de pain: Le projet Blair Witch. En réhabilitant le procédé du found footage, jusqu’alors délaissé depuis Cannibal Holocaust, la paire fait sensation et octroie une tonalité ultra réaliste au récit de trois universitaires du Maryland qui s’égarent dans des bois hantés. Primé à Sundance, soutenu par la presse et catapulté par le public dans le cercle fermé des films les plus rentables de l’histoire, ce trip flippant s’est, au fil du temps, durablement inscrit dans la culture populaire.

Après un second opus disetteux, dégoupillé en 2000 et signé du méconnu Joe Berlinger, voilà que la célèbre sorcière invisible qui a fait le succès de la saga se remet sérieusement au travail. Manufacturé dans le plus grand secret, Blair Witch prend ses racines bien des années après les faits initiaux. James, le héros de cette nouvelle suite, s’y entoure de valeureux amis pour aller à la recherche de sa sœur adorée Heather. Cette fois encore, la forêt de Black Hills et son joug maléfique ne feront aucun cadeau à ces irresponsables aventuriers.

Mise en scène par Adam Wingard, un habitué du genre horrifique, cette version pseudo-modernisée ne rebat hélas aucunement les cartes éculées de son ascendance. La première heure se résume à un vulgaire copier-coller du passé: exploration des lieux, bruits étranges pendant la nuit, torches qui ne fonctionnent jamais quand il le faut, apparition des fameux symboles en bois et tutti quanti. Le principe de la caméra retrouvée, qui faisait tout le sel de l’entreprise, est par ailleurs parasité par un nombre trop élevé de points de vue.

Bilan des courses: en 2016, la peur blanche ressentie à l’époque se dissipe au profit d’une indifférence totale. Le trouillomètre fonctionne, cahin caha, grâce à une tripotée de jump-scares, ces procédés prisés qui consistent à faire sursauter le spectateur sans autre velléité artistique que celle d’un numéro d’attraction. Adieu donc la terreur de ce qu’on suggère plus qu’on ne montre. Quand bien même sa seconde partie s’avère mieux maîtrisée et plus intéressante formellement, Wingard peine à installer un quelconque climat anxiogène et peuple paresseusement ses arbres d’une cacophonie de trucages sonores qui font davantage mal aux oreilles qu’au cœur, écrit LCI.fr.

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21 septembre 2016 - 14h30