Le maire d'extrême droite de Béziers empêché de ficher l'ADN des chiens

La justice administrative française a annoncé mercredi la suspension du projet de Robert Ménard, maire d’extrême droite de Béziers, d’instaurer un fichage génétique des chiens de sa ville pour sanctionner leurs maîtres en cas de déjections intempestives. Le tribunal administratif de Montpellier, saisi par l’Etat, a estimé qu’un arrêté pris le 1er juin par l’édile, proche du Front national (FN) de Marine Le Pen, outrepassait ses pouvoirs de police.

Le texte contesté « n’a pas pour but de préserver l’ordre public ou de prévenir les infractions, mais possède un caractère purement répressif », aux yeux du juge chargé du dossier.

Ce dernier a « enjoint en conséquence à la commune de Béziers de surseoir à la mise en place opérationnelle des mesures prévues, jusqu’à ce que le tribunal statue sur le fond de l’affaire ».

Le maire de Béziers avait annoncé en avril vouloir lutter contre les déjections canines en fichant les chiens de la commune, via des prélèvements ADN, afin de verbaliser les maîtres, même lorsqu’ils ne sont pas pris en flagrant délit.

Coutumier des polémiques et des provocations, Robert Ménard a vu à plusieurs reprises ses propos et décisions attaqués en justice depuis son élection en 2014 avec le soutien du FN.

Ancien président de l’ONG Reporters sans frontières, il a notamment perdu en juillet une bataille judiciaire face à l’Etat, qui s’opposait à sa volonté de créer une « garde » municipale, qualifiée de « milice » par ses opposants.

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15 septembre 2016 - 09h25