Le maire de Béziers, proche de l'extrême droite, sera jugé pour provocation à la haine

L’ex-responsable de Reporters sans Frontières Robert Ménard, devenu le maire proche de l’extrême droite de Béziers, ville du sud de la France, sera prochainement jugé pour provocation à la haine après des propos sur les élèves musulmans, a-t-on appris de sources concordantes. Saisie par des associations anti-racistes, le parquet de Paris a décidé de juger l’édile, à la suite de ses déclarations sur le nombre d’enfants musulmans dans les écoles de sa ville.
Le 5 septembre dernier Robert Ménard avait notamment dit à la télévision: « dans une classe du centre-ville de chez moi, (il y a) 91% d’enfants musulmans. Evidemment que c’est un problème. Il y a des seuils de tolérance ».
La justice vise le délit de provocation directe à la discrimination, à la haine ou à la violence à l’égard d’un groupe de personnes en raison de son appartenance à une nation, une race, une ethnie, ou une religion.
Selon la Ligue contre le racisme et l’antisémitisme, l’une des associations à l’origine de la plainte, le procès est prévu le 8 mars.
« Je me suis contenté de décrire la situation dans ma ville », a réagi M. Ménard. « Cela n’a pas valeur de jugement, c’est factuel, c’est ce que je peux constater », a-t-il ajouté précisant que dans ses déclarations « il n’y a de discrimination pour personne ».
Elu en 2014 à la tête de la ville de Béziers, avec le soutien du parti d’extrême droite Front national, l’ancien secrétaire général de RSF est coutumier des polémiques et des provocations.
En octobre, la mairie de Béziers avait déjà suscité un tollé en placardant des affiches représentant des hommes barbus présentés comme des migrants qui « arrivent » dans le « centre-ville ». La justice avait ouvert une enquête.

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21 décembre 2016 - 21h40