La vie de John Casablancas, fondateur de l'agence Elite, portée à l'écran

Il a fait la carrière de « supermodels » comme Cindy Crawford et Naomi Campbell et traversé quelques polémiques. La vie de John Casablancas, fondateur de l’agence Elite décédé en 2013, est au coeur d’un documentaire, raconté du point de vue de ce séducteur invétéré. Dans « Casablancas, l’homme qui aimait les femmes », sur les écrans mercredi, le réalisateur franco-polonais Hubert Woroniecki fait parler à la première personne l’ancien patron d’Elite, qui est la voix off du film.

« Je ne suis pas journaliste, je ne cherchais pas à faire une enquête, je voulais raconter cette époque des années 1970, 80, 90, et la création des supermodels, de façon cinématographique », explique à l’AFP le réalisateur, qui souhaitait faire « un film grand public, assez léger sur ces années très pop et très amusantes ».

Hubert Woroniecki, lui-même ancien agent de mannequins chez Elite pendant quelques années, avait des rapports « amicaux et professionnels » avec Casablancas, qui lui a donné accès à ses archives. Des extraits d’émissions télévisées et d’interviews, de vidéos personnelles, côtoient des images d’animation dans ce film qui tisse le fil de la légende Casablancas.

Issu d’une famille d’industriels espagnols émigrés aux Etats-Unis, John Casablancas passe son enfance entre New York, Mexico, puis le très huppé internat suisse du Rosey. A 15 ans, il perd sa virginité et se découvre un grand « appétit sexuel ».

Il échoue à faire des études supérieures et se marie à 22 ans, avant de divorcer quelques années plus tard, « pas assez mûr » pour la monogamie. A Paris, il rencontre le mannequin danois Jeanette Christiansen, et crée une première agence, Elysées 3, avant de lancer Elite, dont le logo est conçu comme un symbole phallique.

Entre soirées, femmes et jeux d’argent, Casablancas mène une vie de plaisirs. A la fin des années 70, il s’implante à New York, déclenchant une « guerre » avec l’agence Ford, grande rivale.

C’est l’ère des « supermodels »: les mannequins deviennent des stars ultramédiatiques. Il lance le premier concours The Look of the Year en 1983 à Acapulco, où Cindy Crawford et Stephanie Seymour comptent parmi les finalistes. Il entame une liaison avec cette dernière qui n’a que 16 ans, lui 42. Plus tard, à 52 ans, son mariage avec une jeune femme de 35 ans sa cadette fera aussi jaser.

Au début des années 90, son empire est florissant, l’agence a des bureaux dans 35 pays. Mais en 1999, un documentaire controversé de la BBC, tourné en caméra cachée, met en cause des responsables d’Elite, accusés de harcèlement sexuel à l’encontre de jeunes mannequins. En 2000, Casablancas vend ses parts et quitte l’agence.

A la suite d’une plainte en diffamation, la BBC avait dans le cadre d’un accord amiable avec Elite reconnu avoir décrit l’agence de « manière injuste », évitant ainsi un procès.

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24 juin 2016 - 14h20