La crise germano-turque relancée par des accusations d'espionnage

Un haut responsable allemand a dénoncé la volonté « paranoïaque » de la Turquie d’espionner en Allemagne des partisans du prédicateur Fethullah Gülen, ouvrant un nouveau front dans la crise germano-turque. « Concernant le comportement des autorités turques, nous devons très clairement dire (…) qu’il s’agit d’une peur du complot qu’on peut qualifier de paranoïaque », a indiqué le ministre de l’Intérieur de Basse-Saxe (nord-ouest), Boris Pistorius.

Le responsable social-démocrate, autorité de tutelle des services régionaux de renseignement, a révélé qu’Ankara avait demandé à Berlin de l’aider à espionner 300 personnes et organisations à travers l’Allemagne jugées proches du mouvement Gülen, accusé par le pouvoir turc du putsch raté de l’été dernier.

« C’est tout à fait insupportable et inacceptable », a lancé M. Pistorius, exhortant le gouvernement de la chancelière Angela Merkel, qui sort juste d’une violente passe d’armes avec la Turquie autour de la campagne sur le référendum turc du 16 avril, à trouver « les mots justes et clairs » face à Ankara.

Environ 10 à 15 de ces cibles, dont au moins une école et deux entreprises, se trouvent en Basse-Saxe et seront informées par les autorités régionales qu’elles sont espionnées et risquent à ce titre « des représailles pouvant aller jusqu’à l’emprisonnement » en se rendant en Turquie, a précisé M. Pistorius.

Le ministre a affirmé ne disposer « d’aucun élément liant des partisans de Gülen à une quelconque infraction pénale », ou les impliquant « dans le putsch » déjoué en juillet dernier contre le président Recep Tayyip Erdogan.

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28 mars 2017 - 13h00