Frappes américaines en Syrie – Le chef de l'ONU appelle à la retenue et à une solution politique

Le secrétaire général des Nations unies a appelé vendredi à la retenue au lendemain d’une frappe américaine contre le régime de Damas et souligné qu’il n’y avait d’autre solution que politique à la guerre qui déchire la Syrie. « Conscient du risque d’escalade, j’en appelle à la retenue pour éviter tout acte qui ajouterait encore à la souffrance du peuple syrien », a déclaré Antonio Guterres dans un communiqué, publié peu avant une réunion du Conseil de sécurité consacré à cette frappe.
« Il n’y a pas d’autre voie pour mettre fin à ce conflit que celle d’une solution politique », a ajouté M. Guterres, en appelant « toutes les parties à renouveler leur engagement à faire avancer les discussions de Genève ».
De difficiles négociations de paix sur la Syrie ont lieu sous l’égide de l’ONU à Genève mais les représentants du gouvernement syrien et de l’opposition peinent à trouver une solution à un conflit entré dans sa septième année.
Le Groupe international de soutien à la Syrie (ISSG) va se réunir d’urgence à l’ONU à Genève vendredi à la demande de Moscou, a annoncé le bureau de l’envoyé spécial des Nations unies pour la Syrie, Staffan de Mistura.
Une solution politique est « aussi essentielle pour progresser dans le combat contre le terrorisme », a ajouté le chef de l’ONU.
Rappelant que la mission du Conseil de sécurité est de promouvoir « la paix et la sécurité », il invite ses 15 pays membres à « s’unir et à exercer cette responsabilité », au lendemain d’une réunion de cette instance exécutive de l’ONU qui n’est pas parvenue à s’entendre pour condamner l’attaque chimique présumée.
Selon M. Guterres, « depuis trop longtemps, la loi internationale a été oubliée dans le conflit syrien, et c’est notre devoir commun de faire respecter les normes internationales de l’humanité ».
Le président américain Donald Trump a ordonné jeudi de tirer une soixantaine de missiles contre une base aérienne syrienne, après l’attaque chimique présumée contre une zone rebelle, qui a tué plus de 80 personnes et choqué la communauté internationale.
Les 15 pays membres du Conseil de sécurité se sont réunis jeudi soir à propos de cette attaque chimique mais ne sont pas parvenus à s’entendre pour la condamner et lancer une enquête. Ils doivent se réunir à nouveau vendredi à 11H30 (17H30 HB) et entendront des représentants de l’armée américaine sur la frappe punitive, a indiqué la mission américaine à l’ONU.

Partager l'article

07 avril 2017 - 17h50