Espagne: pour le parquet l'infante Cristina ne doit pas être condamnée

Le ministère public a pris mercredi la défense de la soeur du roi d’Espagne, Cristina de Bourbon, estimant qu’elle n’est complice d’aucune fraude fiscale, comme l’en accuse une partie civile au procès de son époux, accusé de malversations. Les accusations contre l’infante ne sont qu’un « échafaudage de soupçons et de conjectures, applaudi par les médias », a dénoncé, dans ses réquisitions finales, le procureur au procès de l’affaire Noos, où son mari Iñaki Urdangarin est l’un des principaux accusés. L’infante est jugée depuis janvier à Palma de Majorque, dans les îles Baléares, aux côtés de son mari et de 15 autres accusés. Le procès doit se terminer le 22 juin et le jugement sera alors mis en délibéré.

Cristina de Bourbon est accusée de complicité de fraude fiscale en lien avec les malversations de son mari, qui aurait utilisé son prestige de membre de la famille royale pour obtenir de juteux contrats auprès de gouvernements régionaux, entre 2004 et 2007. Selon la justice il aurait détourné, avec un associé, près de six millions d’euros. Il risque pour cela près de vingt ans de prison.

Le cas de Cristina a en revanche divisé les magistrats. Le juge d’instruction a estimé qu’elle devait être poursuivie. Mais le parquet a considéré qu’elle n’avait commis aucun délit. Finalement la plainte d’une association d’extrême droite défendant les contribuables, Manos Limpias (Mains propres) lui a valu d’être jugée. Selon cette association, Cristina est au moins coupable d’avoir été co-propriétaire d’une société utilisée par son mari pour détourner les fonds. Mais au cours du procès, Manos Limpias a été mise en cause dans une affaire de chantage.

Dans tous les cas, a insisté mercredi le procureur Pedro Horrach, le fait que cette société soit aussi à son nom « n’est pas une infraction », car cela n’implique pas qu’elle eut connaissance de ses activités. Le procureur a en revanche estimé que son mari avait bien été à la tête d’un réseau visant à détourner des fonds publics.

Le scandale de l’affaire Noos, nom de la fondation dirigée par MM. Urdangarin et Diego Torres par où a transité l’argent, est un cauchemar pour la monarchie espagnole depuis qu’il a éclaté fin 2011. Il a détérioré son image au point de précipiter l’abdication du roi Juan Carlos Ier au profit de son fils Felipe VI, en juin 2014.

Partager l'article

15 juin 2016 - 18h20