Coupe des Confédérations – Le Chili et l'Allemagne en quête d'un premier trophée

La Coupe des Confédérations 2017 livre son verdict dimanche à Saint-Péterbsourg. Au menu, une opposition de style entre l’expérimenté Chili et sa double couronne continentale et l’Allemagne championne du monde mais en version jeune équipe bis. Le vainqueur sera inédit, que ce soit un favori comme le Chili, ou l’Allemagne qui s’est invitée au rendez-vous sans aucun cadre. « Personne ne nous voyait en finale, ce n’était même pas le sujet. Nous voulions nous développer », a rappelé Joachim Löw. Avec le Mondial-2018 en priorité absolue et pour éviter de faire disputer à ses titulaires habituels trois tournois en trois ans, le sélectionneur avait convoqué trois champions du monde seulement (Mustafi, Ginter et Draxler) au sein d’un groupe relifté, le plus jeune du plateau, avec 24 ans et 4 mois en moyenne.

Plongée dans le bain russe, la classe biberon allemande a ainsi déjà déjoué les pronostics, et avec la manière: elle a empilé les buts (Australie 3-2, Cameroun 3-1, et Mexique 4-1 en demi-finale) et possède d’ailleurs les meilleurs buteurs du tournoi, Goretzka et Werner, ex aequo avec 3 réalisations.

Elle présente aussi créativité (Draxler, Goretzka, Stindl), rudesse (Rudy) et solidité (Kimmich, Rüdiger, Hector). Mais aussi parfois une certaine naïveté, et des moments de flottements dûs à un court vécu commun.

Le Chili, à l’inverse, présente la moyenne d’âge la plus élevée du plateau et même de l’histoire de la compétition (29 ans et un mois). Et s’est montré plus chiche en buts (Cameroun 2-0, Australie 1-1, et le Portugal battu aux tirs au but en demi-finale au bout d’un 0-0).

C’est un peu un paradoxe, puisqu’il s’appuie sur davantage de certitudes: un style de jeu offensif introduit par Marcelo Bielsa (2007-2011) et maintenu par l’actuel sélectionneur Juan Antonio Pizzi, et surtout un groupe mené par des valeurs sûres comme Bravo, Medel, Vidal et Sanchez, outre de précieux travailleurs de l’ombre (Aranguiz, Diaz, Hernandez).

Il émane du groupe chilien l’idée d’une chance à saisir, qu’une participation à une nouvelle Coupe des Confédérations ne se présentera peut-être pas de sitôt. « Nous sommes faits pour écrire l’histoire. Nous avons écrit l’histoire en battant l’Espagne (au 1er tour du Mondial-2014, ndlr), en battant l’Argentine en finale » de Copa America, a dit Sanchez: le Chili veut étirer son âge d’or après avoir défloré son palmarès national via les Copa America 2015 et 2016, remportées à chaque fois face à l’Argentine de Messi. Et dans les deux cas aux tirs au but, avec un Bravo toujours décisif. Comme dans la demi-finale mercredi face aux champions d’Europe, lorsque le trentenaire a arrêté les trois tentatives portugaises.

Mais s’il devait y avoir une partie de roulette russe dimanche soir, l’Allemagne aurait ses chances: c’est LA nation spécialiste de ces séances fatidiques, puisqu’elle ne s’est plus inclinée dans cet exercice depuis 1976, en cinq occasions dans des phases finales. Et son gardien Ter Stegen, malgré une bourde face au Cameroun, a maté la concurrence de Leno et Trapp pour faire la future doublure de l’intouchable Neuer. Ter Stegen aussi arrête parfois des penalties, il a pu apprendre auprès de… Bravo, durant leurs deux saisons (2014-2016) passées ensemble à Barcelone.

En phase de groupes, les deux équipes se sont quittées sur un partage 1-1.

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01 juillet 2017 - 14h55