Conflit en Syrie – L'ONU approuve la création d'un groupe de travail sur les crimes de guerre

L’Assemblée générale des Nations unies a approuvé mercredi la création d’un groupe de travail chargé de préparer des dossiers sur les crimes de guerre commis en Syrie, première étape vers la poursuite en justice des responsables de ces atrocités. La résolution établissant sa mise en place, proposée par le Liechtenstein, a été approuvée par 105 votes contre 15, avec 52 abstentions, sur les 193 Etats membres de l’Assemblée.
Ce groupe travaillera en étroite collaboration avec une commission d’enquête des Nations unies mise en place dès 2011 et qui a déjà soumis plusieurs rapports détaillant les atrocités commises depuis le début d’un conflit ayant déjà fait plus de 310.000 morts.
Le nouveau groupe de travail sera chargé de rassembler des preuves et de s’assurer que les dossiers soient « prêts à servir lorsqu’un tribunal ayant juridiction sur ces crimes pourra se saisir de ces affaires, ce qui n’est pas le cas pour le moment », avait-il expliqué avant le vote.
L’ambassadeur syrien aux Nations unies, Bachar Jaafari, a dénoncé cette initiative, la qualifiant « d’intromission flagrante dans les affaires internes d’un Etat membre de l’ONU ». La résolution était parrainée par 58 pays, dont les Etats-Unis, la France, le Royaume-Uni, l’Allemagne et l’Italie, ainsi que par les puissances régionales que sont la Turquie, l’Arabie saoudite et le Qatar.
La Russie, la Chine et l’Iran se sont opposés à son adoption.
Des ONG ont aussi rassemblé des documents, listes de témoins et des vidéos qui pourraient un jour servir lors de procès contre les responsables.
La Russie, un allié clé du régime syrien de Bachar al-Assad, et la Chine ont bloqué en 2014 une demande du Conseil de sécurité qui voulait que la Cour pénale internationale entame une enquête sur des crimes de guerre en Syrie.
La résolution donne 20 jours au secrétaire général de l’ONU pour former un groupe de travail qui établira « un mécanisme international impartial et indépendant pour aider aux enquêtes et poursuites de ceux responsables des crimes les plus graves » en Syrie depuis mars 2011.
Des ONG ont aussi rassemblé des documents, listes de témoins et des vidéos qui pourraient un jour servir lors de procès contre les responsables.
Les organisations de défense des droits de l’homme ont d’ailleurs applaudi ce vote. « Les auteurs savent désormais que les preuves de leurs méfaits seront rassemblées pour qu’arrive plus rapidement le jour où ils se retrouveront dans le box des accusés », a déclaré Balkees Jarrah, de Human Rights Watch.

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22 décembre 2016 - 04h00