Cinq opéras au Festival français d'Aix dont un "Cosi" sous le soleil d'Afrique

Le Festival lyrique d’Aix-en-Provence, dans le sud de la France, présente cinq nouvelles productions dont « Cosi fan tutte » de Mozart mis en scène par le cinéaste Christophe Honoré et « Le triomphe du temps et de la désillusion » de Haendel avec l’étoile montante Sabine Devieilhe. Reconnu comme un des plus créatifs sur la scène lyrique mondiale, le festival d’Aix (30 juin-20 juillet) sacrifie à sa tradition mozartienne avec ce nouveau « Cosi » mais en a confié la mise en scène à un cinéaste, Christophe Honoré, qui a a choisi de transposer l’opéra dans l’Afrique occupée par Mussolini. « Cosi » sera dirigé par les chefs mozartiens Louis Langrée et Jérémie Rhorer à tour de rôle, avec notamment la soprano française Sandrine Piau et la mezzo américaine Kate Lindsey.

La Britannique Katie Mitchell, familière du festival, va mettre en scène « Pelléas et Mélisande » avec une distribution de haut vol: Stéphane Degout, Barbara Hannigan et Laurent Naouri pour le chant et Esa Pekka-Salonen à la baguette. Sabine Devieilhe, 30 ans, prêtera sa voix de cristal au personnage de la Beauté dans « Il Trionfo del Tempo e del Disinganno » mis en scène par le Polonais Krzysztof Warlikowski, connu pour ses mises en scène très actuelles. Sabine Devieilhe a fait ses premiers pas à Aix toute jeune, dans le rôle de Serpetta dans « La Finta giardiniera » en 2011, et devrait revenir souvent au festival dans les années qui viennent, selon son directeur Bernard Foccroulle. « On verra les quatre personnages allégoriques de cet oratorio profane -la beauté, le plaisir, le temps, la désillusion- à travers le regard d’une vingtaine d’adolescentes », a-t-il expliqué.

Emmanuelle Haim, grande figure de la musique baroque, vient pour la première fois au festival avec le Concert d’Astrée pour diriger ce « Triomphe du temps et de la désillusion ». Le metteur en scène américain Peter Sellars, qui avait enchanté Aix l’an dernier (« Iolanta/Perséphone ») y présente cette année « Oedipus Rex » d’Igor Stravinski, créée en 2009 avec le Los Angeles Philharmonic.

Pour la première fois, Aix produit un opéra en arabe et en français, « Kalila wa Dimna », à partir d’un recueil de fables aussi familier des enfants du monde arabe que le sont pour les Français les fables de La Fontaine. Le festival lyrique a en revanche reporté à 2018 la production « Seven Stones », programmée initialement cette année. Une baisse de subventions publiques, le décès d’un mécène et le retrait de certains co-producteurs mettaient en péril la production.
« Le festival est toujours sur le fil du rasoir, et par prudence nous avons préféré reporter le spectacle pour le produire dans de meilleures conditions », a indiqué à l’AFP François Vienne, directeur général adjoint du festival. La recherche de coproducteurs se révèle de plus en plus difficile dans un contexte de crise économique, explique-t-il. « Seven Stones » va faire l’objet d’un atelier cet été, qui sera filmé pour montrer une maquette aux co-producteurs pressentis.

Le Festival d’Aix-en-Provence, un des plus richement dotés de France avec un budget de 23,5 millions d’euros cette année, développe fortement ses recettes propres: co – productions, billetterie, mécénat et tournées. Le mécénat pèse désormais davantage avec 4,6 millions d’euros que la subvention de l’Etat (3,7 millions). L’édition 2016 se présente bien tant sur le plan des réservations que sur le « front des intermittents », selon M. Vienne. En 2014, une grève d’intermittents relative à leur statut avait coûté l’annulation d’un spectacle au festival.

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28 juin 2016 - 16h40