Chypre: "succès" des discussions techniques en Suisse sur la sécurité de l'île

Les discussions techniques organisées en Suisse sur la sécurité d’une future Fédération de Chypre se sont terminées jeudi sur un « succès », a annoncé l’ONU, sans en préciser toutefois pour l’instant les conclusions. Ces discussions, qui se sont tenues pendant deux jours dans un luxueux hôtel situé au Mont Pèlerin, sur les hauteurs du lac Léman, étaient destinées à préparer une nouvelle conférence multilatérale sur l’avenir de l’île méditerranéenne, divisée depuis plus de 42 ans.
« Le groupe de travail, établi durant la réunion de haut niveau à Genève le 12 janvier, a rempli avec succès le mandat qui lui avait été confié par la Conférence (sur Chypre, ndlr), à savoir identifier les questions spécifiques relatives à la question de la sécurité et des garanties et les instruments nécessaires pour y répondre », a indiqué l’envoyé spécial de l’ONU Espen Barth Eide.
« Les réunions se sont déroulées dans un esprit positif » mais « les participants ont convenu de ne pas divulguer les détails de leurs discussions », a-t-il ajouté. M. Eide doit informer lundi le Conseil de sécurité des conclusions de la réunion.
L’île de Chypre, qui compte un million d’habitants, est divisée depuis que l’armée turque a envahi en 1974 la partie nord de l’île en réaction à un coup d’Etat visant à rattacher le pays à la Grèce et qui inquiétait la minorité turcophone de l’île. Cette invasion a provoqué d’importants déplacements de populations.
La République de Chypre (dont l’autorité ne s’exerce que sur la partie sud de l’île) est membre de l’Union européenne depuis 2004.
Les Chypriotes turcs habitent eux dans la République turque de Chypre du Nord (RTCN), qui n’est reconnue que par Ankara.
La rencontre du Mont Pèlerin a réuni la chef de la force de l’ONU chargée du maintien de la paix à Chypre, Elizabeth Spehar, ainsi que les vice-ministres et hauts fonctionnaires des deux communautés et des Etats garants de la sécurité de l’île: la Turquie, la Grèce et la Grande-Bretagne.
Ces mêmes parties s’étaient retrouvées la semaine dernière à Genève mais l’épineuse question de la présence militaire turque avait douché les espoirs de réunification, le président turc Recep Tayyip Erdogan ayant affirmé que le retrait total militaire turc était « hors de question », alors qu’Athènes exige le départ de cette « armée d’occupation ».
Jeudi, la République de Chypre et la Grèce ont encore réitéré leur position, à l’occasion d’une visite du président grec à Nicosie.

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19 janvier 2017 - 22h30