Au cinéma, la danse mène le bal de la rentrée

Les films de danse se bousculent sur les écrans: après le documentaire « Relève » sur Benjamin Millepied et le long métrage « La Danseuse » avec Soko et Lily-Rose Depp, « Polina » d’Angelin Preljocaj et Valérie Müller sort le 16 novembre et le dessin animé « Ballerina » le 14 décembre. Sans oublier des sorties plus confidentielles, comme « Elektro Mathematrix » de la chorégraphe Blanca Li ou « Anna Halprin et Rodin », une exploration des méthodes d’enseignement de la chorégraphe américaine, âgée de 96 ans.

« Il y a toujours eu beaucoup de films sur la danse », explique Stéphane Bouquet, programmateur à la Nouvelle cinémathèque du Centre national de la Danse à Pantin.

« La danse a été énormément filmée dés les tout débuts du cinéma, elle représente presque un tiers des films dans les cinq premières années, pour une raison très simple: la caméra était fixe, mais le cinéma voulait montrer le mouvement, donc on filmait des danseurs qui bougeaient devant la caméra! »

Le genre comprend de grands succès publics, comme « Les Chaussons rouges », film mythique de Michael Powell de 1948 qui a inspiré plusieurs générations de danseurs, ou plus récemment « Billy Elliott » (2000) et ‘Black Swan » (2010).

« Les films documentaires peuvent aussi réserver des surprises », constate Stéphane Bouquet. Si le succès de « Pina », le film de Wim Wenders sur Pina Bausch était attendu, « Les Rêves dansants, sur les pas de Pina Bausch », documentaire où on voit la chorégraphe transmettre sa pièce Kontakthof à des adolescents l’était beaucoup moins.

« Ces dix dernières années, on a assez peu de grands films de danse chorale, comme Les demoiselles de Rochefort de Jacques Demy, mais plutôt des films autour de héros de la danse. Cela correspond à une phase individualiste de la société dans son ensemble », estime-t-il.

« La Danseuse » de Stéphanie di Giusto est centrée sur deux figures d’exception, l’Américaine Loïe Fuller, créatrice de la danse serpentine et icône de la Belle Epoque (incarnée par la chanteuse et actrice Soko) et la « danseuse aux pieds nus » Isadora Duncan (Lily-Rose Depp).

« Polina », inspiré par la bande dessinée à succès de Bastien Vivès (2011), décrit le parcours de la jeune danseuse russe prodige Polina Semionova. On la voit s’entraîner à la rude école russe de la danse classique, avant de trouver sa voie dans la danse contemporaine.

Pour la réalisation de « Polina », les ballets « modernes-classiques » du chorégraphe Angelin Preljocaj ont nécessité 6 mois de répétitions avec des interprètes professionnels et l’actrice Juliette Binoche, explique le producteur Didier Creste.

« Polina », qui a coûté 4 millions d’euros, un budget plutôt modeste, sera rentable à partir de 300.000 entrées. La BD de Bastien Vivès, couronnée de plusieurs prix dont celui du Festival d’Angoulême, s’est vendue à près de 100.000 exemplaires.

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13 octobre 2016 - 14h00