
L’humeur de Vanessa Lhuillier – 100 jours et puis quoi ?
Hier, le gouvernement bruxellois a fêté ses 100 jours d’existence. Un petit rien, me direz-vous, par rapport aux 613 jours qu’il a fallu pour le former, mais 100, c’est un nombre qui compte. C’est le fameux mythe des 100 jours en politique. Il a été lancé par le président américain Roosevelt qui, en 1933, a demandé aux Américains de lui laisser 100 jours avant de le juger. Et durant cette période, le président s’est démené pour faire voter un maximum de lois et lancer le New Deal. Ici, à Bruxelles, en 100 jours, les libéraux promettaient de révolutionner la capitale, surtout en matière de mobilité et de gouvernance. Force est de constater qu’il n’en est rien. Les 100 jours, comme je l’ai dit, servent d’habitude à engranger le plus de réformes possibles. Dans le gouvernement Dilliès, on a l’impression que nous sommes toujours dans la phase « We zullen zien », surtout chez les libéraux qui découvrent après plus de 20 ans dans l’opposition l’état des dossiers. Boris Dilliès multiplie les visites de terrain et laisse sa secrétaire d’État à l’Urbanisme monter au front pour contrer les projets de sa ministre de la Mobilité, Groen. Elke Van den Brandt semble se sentir bien seule dans cet attelage, mais elle continue de tracer sa route, ou plutôt ses ronds-points. Finalement, les travaux à Louise ont démarré cette nuit malgré les cris d’orfraie du MR. En échange, quelques blocs de béton ont été retirés en grande pompe.
Les 100 jours ont aussi permis de voir la renaissance du bloc PS-Anders. Socialistes et libéraux flamands se sont visiblement mis d’accord sur une série de dossiers, notamment ceux concernant l’équilibre budgétaire, même si l’échéance de 2029 semble de plus en plus utopique. Pour le reste, on ne peut pas dire que les succès ont été accumulés. On se rappellera des cafouillages sur les amendes pour la LEZ ou encore sur les ACS et la semaine dernière, ce sont les révélations sur le Foyer anderlechtois qui ont provoqué des remous dans la majorité. Le MR souhaitait une commission d’enquête en dépit de la loyauté que son partenaire PS aurait voulu voir afficher. Est-ce que cet épisode laissera des traces ? On peut l’imaginer. En tout cas, il acte bien la fin des 100 jours de grâce du gouvernement bruxellois.