Location à Bruxelles : certains profils sont davantage discriminés

D’après une étude récemment menée par la VUB, ce sont les Nord-Africains, les personnes au chômage et celles avec un handicap mental qui sont les plus discriminées sur le marché de la location privée en Région bruxelloise.

Les résultats de l’étude indiquent que les Nord-Africains sont dans 20% des cas davantage discriminés par les agents immobiliers par rapport aux candidats avec un nom aux sonorités belges. Cela monte jusqu’à 23% pour les candidats vivant d’une allocation de chômage (comparativement avec des personnes ayant un salaire du même montant que l’allocation). Les personnes ayant une déficience mentale sont, eux, défavorisés (par rapport à des personnes sans handicap) dans 29% des cas.

L’étude en question a été menée par Pieter-Paul Verhaege, au sein du groupe de recherche de la VUB “Interface Demography”. Il a mené 5.509 tests via Immoweb et Zimmo durant la première moitié de 2019. Les quatre critères testés étaient l’origine ethnique, l’handicap, les revenus et la composition familiale (un dernier critère qui a lui-même été testé de façon croisée avec le genre et l’origine). Dans le cadre de l’étude, deux candidats montraient leur volonté de louer le bien : l’un avait par exemple un nom Nord-Africain, l’autre un nom belge. Le chercheur a ensuite calculé dans quelle mesure les agents immobiliers allaient donner une chance à chacun des candidats. Une manière, selon Pieter-Paul Verhaege, “d’obtenir des résultats fiables et objectifs”, explique-t-il”, “parce que la majorité des discriminations sont inconnues si on se fie uniquement aux plaintes“.

Les chercheurs notent cependant que l’étude a été menée avant que la Région bruxelloise ne mettent en place son ordonnance contre la discrimination au logement, qui autorise l’inspection du logement à effectuer elle-même ce genre de tests auprès des agents immobiliers.

Arnaud Bruckner – Photo : Belga / Siska Gremmelprez

 

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11 septembre 2019 - 11h24