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La Fédération bruxelloise des institutions pour toxicomanes veut une filière légale et contrôlée du cannabis

L’interdiction du cannabis est contreproductive et traîne derrière elle un coût social et sanitaire important, ressort-il d’un rapport de la Fédération bruxelloise francophone des institutions pour toxicomanes (Fedito BXL), présenté jeudi. À la place, une filière légale permettrait d’encadrer la consommation et de répondre aux défis de société que pose le cannabis, plaide-t-elle.

Inefficace. C’est le constat que dresse Fedito BXL de la politique de prohibition du cannabis menée depuis les années ’70 en Belgique. Impuissante à réduire l’offre ou la demande, cette stratégie alimente en outre une économie parallèle violente et illégale, tout en engendrant des problèmes de santé publique face à des produits de piètre qualité. “Des millions d’euros sont dépensés chaque année dans l’appareil répressif et judiciaire, la police, les services des douanes, le système pénitentiaire… mais pour quels résultats?“, s’interroge Fedito BXL.

Après l’alcool et le tabac, le cannabis est la drogue la plus consommée en Belgique, pointe-t-elle. Près de 23% de la population belge âgée de 15 à 64 ans ont déjà consommé du cannabis. Cette proportion grimpe d’ailleurs parmi les jeunes: ils sont 25% chez les 15-24 ans à s’être laissé tenter et plus de 38% parmi les 24-34 ans. Alors faut-il autoriser le cannabis comme le sont l’alcool et le tabac? “Créer une filière légale et contrôlée de cannabis (…) est la seule option réaliste pour que l’État reprenne le contrôle de la situation“, estime l’ASBL. Mais “il faut apprendre du passé et ne pas répéter les erreurs de la Prohibition” sur l’alcool aux Etats-Unis, par exemple, ajoute Stéphane Leclercq, directeur de Fedito BXL.

Prix fixés par l’Etat et autoculture

Les institutions de toxicomanie défendent plutôt une régulation dans une perspective non marchande, avec des prix fixés par l’État, l’autoculture à des fins personnelles et un meilleur investissement dans la prévention et la réduction des risques sanitaires, le tout sous la surveillance d’un organe de contrôle. Fedito BXL préconise ainsi la création de trois circuits de production et de distribution: non marchand (pour une culture et un usage personnels), commercial (via des distributeurs agréés par l’État) et médical (un cannabis thérapeutique délivré en pharmacie sur ordonnance).

Belga – Photo: D.R. 

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03 décembre 2020 - 11h56
Modifié le 03 décembre 2020 - 12h06