Attentats de Bruxelles: le procès est attendu pour 2020 et pourrait se tenir dans les anciens bâtiments de l’Otan

Trois ans après les attentats du 22 mars 2016 à Bruxelles, le parquet fédéral a annoncé que l’enquête judiciaire touche à sa fin. Quelques investigations sont encore en cours pour pouvoir conclure que toutes les pistes ont été explorées, selon le parquet.

Le dossier sera ensuite transmis par les juges d’instruction au parquet fédéral qui requerra le renvoi de l’affaire devant un juge du fond, dans ce cas-ci la cour d’assises. Le procès n’est pas attendu avant 2020. Quant à l’endroit où celui-ci pourrait se tenir, l’idée des anciens bâtiments de l’Otan à Evere a été émise.

L’enquête sur les attaques qui ont fait 32 morts et 340 blessés le 22 mars 2016 à l’aéroport de Bruxelles-National à Zaventem et dans la station de métro Maelbeek à Bruxelles est sur le point de s’achever, au bout de trois ans d’investigations, d’auditions et d’expertises. Les recherches encore en cours sont des “enquêtes de moindre envergure, afin de pouvoir fermer un certain nombre de portes”, a déclaré mardi le porte-parole du parquet fédéral, Eric Van Duyse.

Toutefois, il y a quelques jours, le parquet fédéral annonçait que les personnes constituées partie civile pourront déjà bientôt avoir accès au dossier, selon des modalités pratiques bien précises, afin que toutes puissent y accéder dans les meilleures conditions (rendez-vous nécessaires, possibilité d’être accompagné de son assistant de justice, etc.) Jusqu’à présent, dix hommes sont suspectés dans cette enquête, dont Mohamed Abrini et Osama Krayem. Le premier se trouvait à l’aéroport de Bruxelles-National le 22 mars 2016 peu avant 8h00, en compagnie de Najim Laachraoui et d’Ibrahim El Bakraoui. Ces deux derniers se sont fait exploser dans le hall des départs tandis que Mohamed Abrini, lui, a pris la fuite, abandonnant ses explosifs.

Quant à Osama Krayem, il se trouvait avec Khalid El Bakraoui dans la station de métro Pétillon, le 22 mars 2016 peu avant 9h00. Khalid El Bakraoui s’est fait exploser cinq stations plus loin, à Maelbeek, tandis qu’Osama Krayem est, lui, sorti du réseau de transports en commun bruxellois et s’est débarassé de ses explosifs dans les toilettes d’une des planques utilisées par ces kamikazes, avenue des Casernes à Etterbeek. Une fois que les juges d’instruction en charge de l’enquête estimeront que tous les actes d’investigation utiles ont été accomplis, ils transmettront le dossier au parquet fédéral, lequel devra établir un réquisitoire de non-lieu ou de renvoi devant le juge du fond concernant chacun des inculpés. Dans ce cas, le parquet fédéral demandera en tout état de cause le renvoi des inculpés devant la juridiction compétente, en l’occurrence la cour d’assises puisqu’il s’agit d’assassinats dans un contexte terroriste. Ce sont la chambre du conseil et ensuite la chambre des mises en accusation qui se prononceront sur le renvoi.

Le point sur l’enquête, trois ans après les attentats de Bruxelles

Enfin, si le dossier est renvoyé devant la cour d’assises – comme ce sera plus que probablement le cas – celui-ci devra être fixé devant cette cour à une date déterminée, à laquelle le procès en audience publique pourra débuter. Le défi le plus important sera alors de trouver un endroit suffisamment grand où tenir ce procès qui s’annonce très long (environ six mois). En effet, 600 personnes se sont constituées partie civile, lesquelles doivent toutes pouvoir assister aux débats, tout comme le public parmi lequel les journalistes.

Ceux-ci devraient également être très nombreux à suivre le procès. La salle de la cour d’assises de Bruxelles est dès lors trop petite. Le parquet fédéral réfléchit déjà aujourd’hui à cette question et les anciens bâtiments de l’Otan à Evere sont évoqués. Ils ne sont plus occupés depuis un an, l’espace est suffisant et il peut être sécurisé de manière optimale. Néanmoins, le palais de justice de Bruxelles reste aussi une possibilité.

Belga

• Reportages: Camille Tang Quynh

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22 mars 2019 - 11h00