Insalubrité et insécurité grandissante: les riverains du boulevard Poincaré dénoncent une situation invivable
La situation devient invivable pour les habitants du boulevard Poincaré. Un feu à partir de détritus, des bagarres: ils dénoncent la détresse sociale, des rues de plus en plus sales et une insécurité constante. Des actions sont déjà menées par les autorités, mais ce n’est pas suffisant.
“Ce ne sont pas des petits déchets, c’est plus grave que ça. Les gens font même leurs besoins ici,” précise Lize Spit, habitante du quartier, qui, avec d’autres riverains, demande des mesures concrètes de nos responsables politiques. Mais la division de l’espace public rend la situation compliquée. Plusieurs niveaux de pouvoirs sont concernés.
■ Reportage de Maël Arnoldussen, Charles Carpreau et Quentin Carbonnelle
La Ville de Bruxelles avance être consciente de la problématique et avoir déjà mené, avec les partenaires communaux et régionaux, des actions sur d’autres tronçons similaires. “Nous voulons travailler de manière concertée avec l’ensemble des services et partenaires concernés, tant au niveau communal que régional. C’est d’ailleurs dans ce cadre qu’une première action a été menée sur le tronçon Porte de Hal – Lemonnier, en collaboration avec les services de la Ville (Propreté, Police, Travaux de Voirie et Stationnement) et Bruxelles-Propreté“, nous précise Anaïs Maes (vooruit), échevine de l’urbanisme à la Ville de Bruxelles. “Nous poursuivrons avec le même groupe de travail. Cela étant, chaque tronçon a ses spécificités – en termes de configuration, de mobilité et d’occupation – et nécessite donc une analyse fine afin d’identifier les mesures les plus adaptées. Une rencontre avec les habitants du quartier est prévue dans deux semaines. Nous serons à leur écoute afin d’intégrer leur vécu et leurs préoccupations dans l’analyse et les mesures à prendre.”
“Nous partageons pleinement l’exaspération des riverains : les efforts doivent désormais produire des améliorations structurelles et durables. La coordination entre les niveaux de pouvoir est indispensable“, ajoute Anas Ben Abdelmoumen (PS), échevin de la propreté, “c’est dans cet esprit qu’un courrier sera prochainement envoyé à la nouvelle Secrétaire d’État à la Propreté pour venir sur le terrain. Nous devons constater ensemble les réalités, identifier les leviers concrets et renforcer l’action commune afin d’aboutir à une amélioration tangible et pérenne de la propreté sur ces voiries régionales.”
Contactée, Audrey Henry (MR), la nouvelle Secrétaire d’Etat en question, n’a pas donné suite à nos sollicitations.
Du côté de Bruxelles-Propreté, qui dit intervenir régulièrement dans la zone, avec un nettoyage et une évacuation des déchets cinq à six jours par semaine, on nous précise que “les efforts fournis lors de ces opérations sont rapidement réduits à néant. En l’absence de réponses structurelles en matière d’aménagement, de réglementation du stationnement et de prise en compte des problématiques de sans-abrisme ou de populations marginalisées fréquentant le boulevard Poincaré, il est illusoire de penser que les seules opérations de propreté pourront résoudre durablement la situation.”