“Win for Life” des hauts fonctionnaires bruxellois : tout le monde veut supprimer l’arrêté datant de… 2002

« Win For Life », ce n’est pas qu’un jeu de hasard. C’est aussi le nom trouvé dans le monde politique bruxellois pour évoquer le dossier brûlant du moment.

Tout démarre par les révélations du quotidien Le Soir, jeudi dernier : deux hauts fonctionnaires bruxellois ont été placés à des postes particuliers (l’un en tant que nouveau coordinateur Ukraine malgré son expérience limitée sur cette matière, l’autre en tant que directrice cheffe de service au sein de Bruxelles Synergie en charge de la coordination régionale) au bout de dix ans de mandat pour justifier leur salaire particulièrement important. Un arrêté qui a été voté en 2014 précise en effet que « les agents dont le mandat prend fin après une période de mandat de même rang de dix années consécutives conservent le bénéfice de l’échelle barémique dont ils bénéficiaient à la fin de leur mandat ».

Cela représente pour ces deux hauts fonctionnaires un salaire annuel brut de 120 000 euros au moins pour le reste de leur carrière. Le gouvernement bruxellois aurait donc trouvé deux postes à ces hauts fonctionnaires, venus de Bruxelles Économie et Emploi et de Bruxelles Logement, pour justifier ces hauts salaires. Des mesures jugées comme des « Win For Life » par une source citée par Le Soir.

Et toujours selon ce dossier, le gouvernement bruxellois a mis plusieurs mois à trancher en raison d’un sentiment de malaise autour de ce régime particulier, accordé principalement pour faire face à la haute concurrence du privé.

Après ces révélations, l’opposition bruxelloise a logiquement sorti les communiqués pour dénoncer ce système jugé « coûteux » ou un « manque de transparence ».

Qui est à l’origine de l’arrêté ?

Chaque parti est ensuite allé de son argument pour demander la suppression de cet arrêté, mais le PS et les écologistes, présents dans le gouvernement bruxellois en 2014, ont été particulièrement visés pour avoir voté cet arrêté à l’époque. DéFI, actuellement dans la majorité, a encore appuyé cette information dans un communiqué ce mardi.

Le groupe écologiste a réagi directement en ressortant des archives un arrêté voté en 2002, dans le gouvernement PRL (ex-MR), FDF (ex-DéFI) et PS mené par le libéral François-Xavier De Donnéa. Et celui-ci est quasiment similaire à l’arrêté de 2014 : « Les agents dont le mandat prend fin après une période de mandat qui excède dix années consécutives, conservent le bénéfice de leur échelle barémique ».

Bref, tout le monde se renvoie la balle et l’origine de ce système qui gêne tout le monde aujourd’hui.

Rendez-vous le 20 janvier

PS, Ecolo et DéFi confirment désormais qu’ils veulent supprimer la mesure, Sven Gatz (Open VLD), ministre de la Fonction publique, confirme qu’un rapport de l’administration sur le sujet a été demandé. Il a également confirmé qu’une décision sera prise en vue avant la prochaine réunion du Parlement bruxellois, prévue le 20 janvier prochain. Les débats risquent donc d’être intenses pour la reprise des travaux parlementaires.

À son tour, le PTB a annoncé mercredi le dépôt d’une proposition de résolution au Parlement bruxellois pour supprimer le système.

■ Les explications de Grégory Ienco dans Le 12h30.

Photo : Belga/Hatim Kaghat