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La cocaïne extrêmement présente : Sciensano cartographie la consommation de drogues en analysant les eaux usées

L’institut de santé Sciensano a réalisé une surveillance nationale à grande échelle des drogues dans les eaux usées belges l’an dernier, rapporte-t-elle mercredi. Il s’agit d’une première. Les résultats témoignent de l’utilisation généralisée de la cocaïne, détectée dans toutes les stations étudiées.

Pour son étude, Sciensano a prélevé des échantillons dans 17 stations d’épuration des eaux usées en Flandre, en Wallonie et en Région de Bruxelles-Capitale du 24 au 30 mars 2025. Ces stations couvrent une grande partie de la population belge, souligne l’institut. Il a ensuite analysé ces échantillons pour estimer l’utilisation de plusieurs drogues: cocaïne, MDMA (ecstasy), amphétamine (speed), méthamphétamine ou encore kétamine.

Outre la cocaïne, dont la consommation est plus élevée le week-end, Sciensano a détecté de la kétamine dans presque toutes les stations, confirmant un usage désormais largement répandu. De la méthamphétamine a été retrouvée dans environ la moitié des installations mais exclusivement en Flandre et à Bruxelles.
Les concentrations en MDMA sont aussi plus importantes en Flandre et à Bruxelles qu’en Wallonie. Elles augmentent clairement vers la fin du week-end, indiquant qu’il s’agit principalement d’une drogue consommée dans la vie nocturne.

L’utilisation du speed est également clairement plus élevée en Flandre que dans le reste du pays.

Pour certaines substances, des valeurs normalisées plus élevées ont été constatées dans les stations qui desservent notamment certaines parties d’Anvers, de Bruxelles et de Liège. D’après l’étude, ces différences peuvent être liées à des caractéristiques urbaines telles que la densité de population, la mobilité, la vie nocturne ou la population étudiante.

Selon Sciensano, les résultats donnent une image objective et complémentaire à d’autres sources de données de la consommation des drogues en Belgique. L’institut suggère donc que des mesures répétées sont nécessaires durant la même période de l’année pour tirer un maximum de ces données précieuses. Cela permet de suivre rigoureusement les évolutions de la consommation, de suivre les tendances sur plusieurs années et d’évaluer l’impact des mesures politiques ou des développements internationaux.

L’analyse des drogues dans les eaux usées permet de détecter l’utilisation de substances psychoactives sur la base de substances chimiques résiduelles présentes dans les eaux usées, détaille l’institut. “Il s’agit d’une mesure scientifique, qui nous donne des informations que nous ne pourrions pas obtenir, ou difficilement, avec d’autres sources de données”, poursuit Maarten Degreef, expert en drogues chez Sciensano. “Cette méthode donne une idée objective des substances qui circulent réellement et qui sont consommées par la population. Elle nous permet également d’atteindre des groupes que nous manquons souvent dans les enquêtes, comme par exemple les adolescents et les personnes stigmatisées.”

L’institut souligne néanmoins que les chiffres ne permettent pas de tirer des conclusions sur la consommation individuelle, le nombre d’utilisateurs ou les quantités exactes.

Belga

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