Dix ans après les attentats, le conducteur du métro et un soignant témoignent
Dix ans après les attentats du 22 mars 2016, les souvenirs restent profondément ancrés chez ceux qui les ont vécus de près. Les témoignages de Serge Lisen, infirmier urgentiste, et de Christian Delhasse, ancien conducteur de métro, illustrent le traumatisme massif laissée par l’explosion survenue à la station Station Maelbeek.
Le 22 mars 2016, Serge Lisen fait partie des premiers soignants envoyés sur place après l’attentat. Arrivé avec une équipe du SMUR, il doit rapidement organiser le triage des blessés dans un contexte chaotique. “Il y a clairement un avant et un après”, confie-t-il aujourd’hui. Parmi les souvenirs les plus marquants, il évoque le silence inhabituel sur le réseau radio des secours, tous suspendus aux informations venant du terrain. Malgré son expérience, l’infirmier raconte aussi un moment de sidération: incapable d’encoder le code PIN de son téléphone pourtant connu par cœur. Au total, 69 blessés passeront par le poste médical avancé installé à proximité. L’événement marquera durablement sa carrière, au point qu’il quittera les urgences deux ans plus tard avant d’y revenir partiellement.
Pour Christian Delhasse, conducteur de métro au moment de l’explosion, les conséquences sont encore plus lourdes. Dix ans après, il affirme vivre quasiment reclus chez lui, hanté par les images et les odeurs de ce matin-là. Dans la rame plongée dans l’obscurité et la poussière, il avait aidé à évacuer les passagers et tenté de porter secours aux blessés. Une scène le poursuit particulièrement: celle d’une femme blessée cherchant désespérément son enfant dans la rame. Depuis, l’ancien employé de la STIB dit porter un profond sentiment de responsabilité pour les victimes, même si l’attaque ne dépendait pas de lui.
Ces deux récits rappellent que, au-delà du bilan humain, les attentats ont laissé des traces durables chez de nombreux intervenants et témoins. Dix ans plus tard, pour certains, la page ne s’est toujours pas tournée.
Belga