Manifestation nationale : entre 80.000 et 100.000 manifestants dans les rues de Bruxelles contre les mesures du gouvernement
Plus de 100.000 personnes, selon la FGTB, et 80.000, selon la police, ont défilé dans les rues de Bruxelles jeudi pour protester contre les mesures du gouvernement fédéral, en particulier la réforme des pensions et le gel partiel de l’indexation des salaires. Le cortège a défilé dans le calme jusqu’à la gare du Midi, où il s’est dissout en musique vers 14h00.
“Les prix montent sans cesse, le salaire ne suit pas tout seul. Toucher à l’indexation c’est toucher à la dignité”, a rappelé le président de la FGTB, Bert Engelaar, lors d’un discours préalable au départ du cortège. Il a vivement critiqué le gouvernement “qui s’en prend toujours à ceux qui tiennent ce pays debout : les travailleurs”.
“Devrons-nous travailler jusqu’à l’épuisement ?”, s’est de son côté interrogée Ann Vermorgen, présidente de la CSC, critiquant aussi “l’assouplissement du travail de nuit et des heures supplémentaires” qui seront “moins bien rémunérés”.
Même son de cloche à la CGSLB, dont le président Gert Truyens a estimé qu’“une société qui épuise ses travailleurs met en péril son propre avenir” et que “ce sont les femmes qui paieront le prix fort” de la réforme des pensions.
Les syndicats ont indiqué qu’ils avaient tendu la main au gouvernement fédéral en leur adressant une lettre au Premier ministre et aux vice-premiers ministres pour leur demander une rencontre. “Nous verrons si le mépris est toujours aussi fort qu’en novembre ou nous n’avons eu de réponse, ni du Premier ministre, ni d’aucun vice-premier ministre”, a expliqué la secrétaire générale de la CSC, Marie-Hélène Ska.
À l’opposé du spectre, les organisations patronales FEB et Unizo ont fait part de leur “incompréhension” face à cette action nationale. Elles ont dénoncé une manifestation qui “provoque une fois de plus une baisse du chiffre d’affaires”, dans un contexte tendu pour les entreprises, notamment en raison de la guerre au Moyen-Orient. “Ils prennent en otages nos entreprises qui s’efforcent, jour après jour, de préserver un maximum d’emplois”, ont-elles ajouté, regrettant que les syndicats privilégient, selon elles, les actions au dialogue social.
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Le cortège s’est élancé depuis la tour des Finances vers 11h00 en direction de la gare du Midi où il s’est dissout vers 14h00. “On ne veut ni du Bouchez, ni du Jambon”, “La boucherie sociale, ça suffit !”, et d’autres slogans ornaient les calicots des manifestants.
L’action syndicale a engendré des perturbations un peu partout en Belgique, notamment dans les transports. Les réseaux de transports en commun Letec, De Lijn et Stib ont été impactés à des degrés divers, tandis que les aéroports de Bruxelles et Charleroi étaient à l’arrêt. Seuls quelques vols ont pu atterrir à Brussels Airport.
Les prisons ont aussi été chahutées par le débrayage de certains membres du personnel et tournaient donc au ralenti, donc sans visites et sans promenades, notamment. Certains facteurs ont également rejoint la manifestation, mais les désagréments étaient mineurs chez bpost, où 96% des Flamands, 83% des Bruxellois et 69% des Wallons travaillaient.
Le ramassage des déchets à Bruxelles a aussi été perturbé, mais des tournées de rattrapage seront organisées dès vendredi. La précédente manifestation du 14 octobre avait rassemblé le même nombre de participants selon la police. Il s’agissait déjà de l’une des plus importantes manifestations de ces dernières années.