Aller au contenu principal
BX1

L’humeur de Vanessa Lhuillier – Où sont passés les poissons d’avril ?

Quand j’étais enfant, le 1ᵉʳ avril, pendant que mon père préparait son café dans la cuisine, j’allais dans sa salle de bain pour emballer son savon bien serré dans du cellophane. Comme ça, lorsqu’il le prenait pour faire sa toilette, le savon, évidemment, ne moussait pas. Et puis, à l’école, c’était une journée où nous étions sur le qui-vive, histoire de ne pas se balader avec un poisson dans le dos toute la journée. Dans la presse, tous les journaux y allaient de leurs canulars. C’était même un moment d’excitation et d’effervescence intellectuelle intense entre journalistes pour savoir qui avait la meilleure idée. Elle devait être assez réaliste pour être crédible, tout en laissant deviner, à la dernière ligne de l’article, qu’il s’agissait bien d’un poisson d’avril. Ce matin, même si certains ont pu croire que la non-participation de l’Italie à la Coupe du monde de foot pour la troisième fois consécutive était un poisson d’avril, désolée amis italiens, ce n’en est pas un, seuls la Libre et la Dernière Heure se sont lancés dans l’exercice de style.

Depuis quelques années, les médias sont assez frileux pour perpétuer cette tradition qui date quand même du XVIIIᵉ siècle. Deux pistes d’explications me viennent à l’esprit. La première est que les journalistes n’ont plus le temps de se poser quelques minutes pour réfléchir à une histoire, submergés par le flot de l’information en continu et par le manque de personnel dans les rédactions. La seconde est l’apparition des fake news. Tous les jours, les réseaux sociaux balancent des fausses informations, et les médias, eux, tentent de les repérer pour les dénoncer. Alors en fabriquer soi-même, c’est un peu comme devenir le pompier pyromane. Et aussi, comment rivaliser avec l’intelligence artificielle, ou pire, avec celle de Donald Trump dont on peut se demander à chaque prise de parole si ce n’est pas un poisson d’avril ? Alors soit on invente quelque chose de gros, trop gros, comme la création d’un golf par Trump à Knokke, soit on laisse l’humour dans sa case habituelle, celle du dessinateur de presse. Et on espère qu’ils seront encore là pour longtemps, car vu l’actualité, nous avons tous bien besoin de rire.    

BX1
Résumé de la politique de confidentialité

Ce site utilise des cookies afin que nous puissions vous fournir la meilleure expérience utilisateur possible. Les informations sur les cookies sont stockées dans votre navigateur et remplissent des fonctions telles que vous reconnaître lorsque vous revenez sur notre site Web et aider notre équipe à comprendre les sections du site que vous trouvez les plus intéressantes et utiles.

Plus d'informations sur nos mentions légales