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Versus : le cas Emir Kir, l’arbre qui cache la forêt ?

Le cas Emir Kir est-il un cas isolé ou l’arbre qui cache la forêt ? Dans Versus, Michel Geyer et ses invités se demandent où est la frontière entre la politique, le clientélisme et le communautarisme. 

C’est une conjoncture politique où le PS se positionne très fort contre l’extrême-droite. C’est difficile de ménager quelqu’un en son rang alors que l’on prétend faire la morale aux autres dans d’autres affaires“, explique Erdem Resne rédacteur en chef adjoint revue Politique. “Je n’ai cependant aucun doute sur le fait qu’Émir Kir n’est pas lié à l’extrême-droite“. “Il a lui-même reconnu qu’il avait outrepassé une ligne“, détaille pour sa part Kalvin Soiresse Njall, député bruxellois Ecolo. “Le Parti Socialiste a pris ses responsabilités. Je suis quand même inquiet dans la manière dont ce débat est en train de glisser (…) Attention au danger du nationalisme monolithique!“.

Mais pour Latifa Aït Baala, députée bruxellois MR, le problème est bien lié au communautarisme : “Pour moi, le problème est éminemment communautariste. Je m’explique : je pense que lui comme d’autres, ne se seraient pas retrouvé(s) sur les listes. Il y a 50 candidats issus des communautés hors européennes. Ce n’est pas un hasard. Il faut effectivement que les listes soient établies en tenant compte de la composition sociologique de notre Région. En revanche, on ne peut pas avoir un déséquilibre comme le fait et le cultive le PS. C’est ça le véritable problème“.

Pour Pascal Delwitte, politologue à l’ULB, il n’y a pas de jurisprudence. “Dans ce cas précis, il y a à la fois le cas de Benoît Hons, c’est-à-dire qu’on ne fait pas deux poids deux mesures en fonction du statut, mais d’autre part, il y avait déjà eu des avertissements, notamment sur la reconnaissance du génocide des Arméniens. Il y avait donc déjà eu des actes problématiques alors qu’il y a un principe en Belgique du cordon sanitaire“. Il poursuit : “Si vous regardez les listes de Bruxelles-capitale, elles sont le reflet des différentes communautés qui soutiennent les partis. C’est une réalité : chaque parti essaye de s’adresser à ses socles électoraux, qui peuvent être reliés aux catégories d’âges, milieux sociaux… Mais l’idée de communautarisme, d’un point de vue de l’étude de la sociologie et de la géographie électorale concerne tous les acteurs”.

Le problème dans la communauté turque n’est pas temps que les candidats soient réceptifs aux problèmes de la communauté turque”, détaille pour sa part Erdem Resne (…) “Est-ce qu’il y a dans ces communautés une manière de verrouiller en leur sein le débat, si oui, alors c’est un problème , car il ne faut pas oublier que c’est très compliqué de prendre position publiquement contre des positions que le gouvernement du pays d’origine peut porter“. “Il faut pouvoir travailler sur l’identité bruxelloise”, abonde Kalvin Soiresse Njall. “Il faut pouvoir parler aux populations avec leur liens culturels pour qu’elles puissent accepter les projets qui convergent vers l’identité bruxelloise“.

Pascal Delwit rappelle : “Il ne faut pas oublier que la règle pour un parti c’est de gagner les élections, et gagner les élections c’est créer une coalition majoritaire avec différents éléments de communauté. Cela est très important pour Bruxelles, où effectivement, le caractère liant est moins visible qu’avant et ou le caractère hétérogène est plus manifeste qu’avant“.

T.Dest.

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22 janvier 2020 - 19h26
Modifié le 23 janvier 2020 - 17h17