Un réseau de trafiquants d’êtres humains et un réseau de faux documents pour migrants démantelés

La police judiciaire fédérale de Bruxelles a réussi la semaine passée à mettre fin aux activités criminelles d’une organisation active sur le territoire régional qui essayait de faciliter l’octroi de séjour de transmigrants au moyen de faux documents d’identité, a indiqué mercredi le parquet de Bruxelles.

Sur les sept personnes arrêtées mardi de la semaine dernière dans le cadre de perquisitions, trois ont été déférées devant le juge d’instruction et une personne a été arrêtée administrativement et conduite vers le centre fermé de Vottem.

La section Trafic d’êtres humains de la police judiciaire fédérale de Bruxelles a débuté son enquête en ciblant des personnes suspectées d’être impliquées dans des faits de trafic d’êtres humains. Les membres de la bande, principalement d’origine pakistanaise, étaient suspectés de livrer des passeports britanniques à leurs victimes dans le but de faciliter leur séjour en Belgique.

Il a été constaté que les passeports britanniques falsifiés ont notamment été utilisés pour recevoir des cartes d’identité authentiques pour ressortissants européens et ainsi pouvoir s’inscrire dans l’agglomération bruxelloise après que les personnes se soient présentées auprès de la commune, sur base de ces documents d’identité falsifiés. Les enquêteurs ont réussi à identifier plusieurs personnes qui sont passées par cette filière. L’implication possible d’un employé d’une administration communale bruxelloise est examinée de manière approfondie.

Sept personnes arrêtées

Après plusieurs mois d’enquête, il a finalement été décidé de procéder mardi de la semaine dernière à l’interpellation de plusieurs suspects et personnes utilisant ces documents. Au total, 13 perquisitions ont été effectuées et il a été procédé à l’arrestation de sept personnes. De nombreux passeports falsifiés britanniques qui avaient été utilisés ont été découverts lors des perquisitions. A une des adresses, les enquêteurs ont de plus découvert une plantation de cannabis, réduite mais organisée professionnellement. Une enquête supplémentaire a été ouverte en rapport à l’encontre du suspect en cause.

Le parquet de Bruxelles remarque que la problématique de la fraude à l’identité – retenue dans le plan Canal – concerne un phénomène transversal, qui peut fréquemment être mis en relation avec d’autres phénomènes criminels, allant des infractions à la législation sur les étrangers à des faits sérieux de criminalité grave et organisée, jusqu’au terrorisme, mais que l’usage de faux documents et la fraude à l’identité reste un modus operandi à ne pas sous-estimer lors de faits de trafic d’êtres humains.

Trafic d’êtres humains à la gare du Nord

La police judiciaire fédérale de Bruxelles a également démantelé la semaine passée une bande active dans le trafic d’êtres humains sur le territoire de la Région de Bruxelles-Capitale, a indiqué mercredi le parquet de Bruxelles.

Cette organisation rassemblait des passeurs qui essayaient de transférer des migrants contre paiement vers le Royaume-Uni en les plaçant dans des camions sans que les chauffeurs en aient connaissance. La police a interpellé 10 suspects, qui ont été déférés devant le juge d’instruction et placés sous mandat d’arrêt. De plus, 10 transmigrants ont été transférés au centre fermé de Steenokkerzeel. Les autres transmigrants ont reçu un ordre de quitter le territoire.

L’enquête a débuté en décembre dernier. L’organisation criminelle était principalement composée de Soudanais qui séjournaient à plusieurs adresses à Bruxelles. Les passeurs recrutaient leurs victimes dans les quartiers de la gare du Nord et du parc Maximilien. Les transmigrants devaient voyager en train vers Arlon et devaient ensuite se rendre à pied vers les parkings autoroutiers de Hondelange et Sterpenich, près de la frontière luxembourgeoise, où ils étaient finalement introduits dans le chargement des camions. Il est apparu que les transports des victimes n’étaient pas toujours sans danger. Des victimes craignant pour leur vie avaient déjà appelé au secours la police lors de certains trajets.

Les polices de la route et du corps d’intervention de la province du Luxembourg ont été appelées à prêter main forte à la police fédérale. Une intervention à hauteur du parking de Hondelange a notamment débouché sur l’extraction de 5 transmigrants d’un camion et l’interpellation d’un trafiquant d’êtres humains encore sur place. Les perquisitions aux résidences des suspects à Bruxelles ont été menées en parallèle jeudi. Elles ont mené à l’arrestation de 6 suspects ainsi qu’à l’interpellation d’une trentaine de transmigrants dont le statut de séjour n’était pas en ordre. Par ailleurs, il a été procédé à l’arrestation de 2 suspects détenus sur base de la législation sur les étrangers et d’un troisième écroué à la prison d’Arlon pour un autre délit.

Avec Belga – Photo : BX1

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22 mai 2019 - 16h33