Sarah Turine (Ecolo) sur la majorité PS-MR à Molenbeek : “Une alliance de l’immobilisme”

Après une législature passée dans la majorité molenbeekoise, Ecolo est finalement renvoyé dans l’opposition… au terme de négociations houleuses.

Ecolo a-t-il des regrets après avoir quitté la table des négociations à Molenbeek ? “Il n’y a pas de regrets par rapport à nos revendications”, a assuré Sarah Turine ce jeudi sur le plateau de l’Interview. “Les questions de gouvernances que nous avions mises sur la table ont d’ailleurs influencé l’accord de majorité finalement passé entre le PS et le MR, à croire qu’ils n’ont pas beaucoup d’idées en la matière. PS et MR c’est souvent l’alliance de l’immobilisme donc je suis inquiète pour la suite“, explique la cheffe de file Ecolo à Molenbeek. S’il s’agit bien d’une alliance de stabilité, comme l’a vanté Catherine Moureaux, “ce n’est pas parce que c’est stable que ça va répondre aux enjeux des Molenbeekois“, regrette l’échevine sortante.

A elle d’assurer qu’au soir du 14 octobre, “c’est le PS qui a pris contact avec nous avant même les résultats finaux, ce n’est pas le PTB qui a insisté pour que nous montions à la table des négociations“. Une négociation avec le PTB, une première pour Ecolo. Mais Sarah Turine se défend : “On connait le PTB, avec Dirk De Block une confiance s’est installée (…) c’est quelqu’un qui bosse et qui peut arriver à des propositions concrètes. Nous avons travaillé avec lui qui était dans l’opposition alors que nous étions dans la majorité“. “J’y ai vraiment cru“, explique Sarah Turine sur une alliance avec le PTB et le PS. “Au début, c’étaient les premiers contacts. Ensuite, c’était une réunion de travail. Nous avions des préalables de bonne gouvernance. C’est là que ça a coincé.” Elle assure que les propositions de bonne gouvernance proposées par Ecolo n’étaient pas trop ambitieuses: “Les propositions de bonne gouvernance refusées par Catherine Moureaux étaient celles qui permettaient que toutes les autres soient respectées“.

Aujourd’hui, Sarah Turine estime que “les électeurs du PS doivent se sentir floués. Pendant dix jours, Catherine Moureaux a soigné sa communication sans travailler pour un programme de majorité. Elle n’a pas mis tout les moyens nécessaires pour obtenir une alliance à gauche. Dès le départ, je n’ai pas senti de volonté pour aller vers autre chose qu’une alliance PS-MR.

Alors que la Région bruxelloise a connu une vague verte lors des élections, ce n’est pas le cas à Molenbeek. “Le terreau molenbeekois a toujours été difficile pour Ecolo. On paye l’échec des relations entre Ecolo et Groen et une forte polarisation entre le PS et le MR. Nous n’étions pas un vote utile“, analyse Sarah Turine.

T.D.

 

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01 novembre 2018 - 13h17