Découvrez   

Retards à la Capac : “Il faudrait 29 heures par jour pour répondre à tout le monde”

Pierre-Yves Dermagne - Belga Benoit Doppagne

Selon le ministre fédéral de l’Économie Pierre-Yves Dermagne (PS), près de 10% des dossiers de chômage temporaire introduits auprès de la Capac (Caisse auxiliaire de paiement des allocations de chômage) n’ont pas pu être traités immédiatement.

Interrogé en commission des Affaires sociales de la Chambre sur les retards de paiements d’allocations de chômage constatés au sein de cet organisme public fédéral, chargé, avec les syndicats, du traitement de ces demandes, Pierre-Yves Dermagne confirme que les employés de la Capac ont fait face à un large volume de demandes de chômage temporaire en peu de temps, au début de la crise sanitaire du Covid-19.

“164 000 employeurs ont eu recours au chômage temporaire qui a concerné 1,6 millions de travailleurs”, a-t-il rappelé. “En avril 2020, le volume des demandes a ainsi été multiplié par 57 ! Des mesures ont été prises et 70 nouveaux employés ont été recrutés”, a précisé le ministre socialiste. “La Capac a aussi fait appel a des étudiants et aux ‘special federal forces'”, un mécanisme qui permet d’accroître la mobilité interne des fonctionnaires fédéraux.

Lire aussi : Des milliers de versements de la Capac se font attendre (27/11/2020)

10 000 appels par jour en moyenne

Pour 2021, la Capac a demandé à recevoir à nouveau des fonds issus de la provision fédérale corona afin de prolonger les contrats à durée déterminée et prévoir des recrutements complémentaires, notamment au call-center qui reçoit quelque 10 000 appels par jour en moyenne, a ajouté le ministre. “Actuellement, il faudrait 29 heures par jour pour répondre à tout le monde, ce qui est évidemment impossible.”

Malgré des mesures pour automatiser au maximum le traitement des demandes, 10% des dossiers introduits n’ont pu être traités immédiatement. “Il s’agit de dossiers qui nécessitent un traitement manuel par un expert de la règlementation chômage. Ce sont des dossiers compliqués ou incomplets. Parfois, le demandeur n’avait pas droit à certaines allocations. Il y a aussi des dossiers qui n’auraient pas dû être introduits. La Capac a mis des moyens pour avoir un contact ces personnes”, a indiqué Pierre-Yves Dermagne, évoquant notamment des situations spécifiques dans le secteur culturel ou l’événementiel. Il ajoute qu’aucune demande tardive ne sera sanctionnée et qu’une amélioration du traitement des dossiers est attendue pour février.

Avec Belga – Photo : Belga/Benoît Doppagne

Partager l'article

12 janvier 2021 - 13h04
Modifié le 12 janvier 2021 - 13h21