Puigdemont de retour à Bruxelles pour internationaliser la crise catalane

“Cela n’a pas été un voyage facile, ni un court voyage, ni le voyage que j’attendais, mais je suis au moins de retour sur le sol catalan”, a déclaré samedi matin l’ex-ministre-président de la Catalogne, Carles Puigdemont, lors d’une conférence de presse à la représentation de la Catalogne à Bruxelles. M. Puigdemont avait été arrêté fin mars en Allemagne alors qu’il rentrait en Belgique, il n’avait pu quitter le pays depuis. L’objectif de l’ancien leader indépendantiste est désormais d’internationaliser au maximum le cas de sa région.

“Ce n’est pas la fin du voyage. Je voyagerai jusqu’au dernier recoin de notre continent pour défendre la juste cause du peuple catalan”, a déclaré M. Puigdemont en anglais. L’actuel leader catalan, Quim Torra, est venu accueillir son prédécesseur à Bruxelles. “Aujourd’hui, c’est une défaite pour l’Etat espagnol, l’Espagne a perdu la bataille juridique européenne”, a-t-il affirmé. “De combien de défaites l’Etat espagnol aura-t-il besoin pour comprendre que ce problème politique a besoin d’une solution politique? “

Les deux hommes veulent désormais une réponse européenne, et vont mener une stratégie d’internationalisation de la situation. La présence de Carles Puigdemont dans la capitale européenne est en ce sens un avantage, ont-ils estimé.

Puigdemont a déclaré ne plus compter sur les leaders européens, mais bien sur les citoyens de l’Union. “J’ai été très déçu par le silence des leaders européens après les violences perpétrées à l’encontre des citoyens catalans le jour du référendum. Mais l’Europe n’est pas seulement un institutions faite des Etats, des politiciens et les leaders européens. C’est une institution remplie de citoyens européens. Je suis certain que la majorité de l’opinion publique considèrent que les valeurs fondamentales de la démocratie relèvent d’une importance primordiale.”

Concernant de potentiels liens avec la N-VA, Puigdemont a rappelé que sa présence à Bruxelles “n’avait rien à voir avec la politique belge”. “Nous ne voulons pas nous immiscer dans la politique belge et avons beaucoup de respect pour la réalité politique du pays.” Il a également confirmé ne pas vouloir demander le statut de réfugié politique aux autorités belges. “Je suis un Européen libre, partout sauf en Espagne.”

Il s’est encore montré optimiste sur le nouveau gouvernement espagnol, dirigé par le socialiste Pedro Sanchez. “Un dialogue est entamé, ça c’est nouveau.” Carles Puigdemont avait été interpellé en Allemagne le 25 mars, alors qu’il rentrait en Belgique d’un voyage en Finlande.

Le 1er octobre 2017, le gouvernement catalan avait organisé un référendum sur l’indépendance de cette région espagnole, qui a recueilli une majorité de voix en faveur de l’autodétermination de la Catalogne. S’en est suivie une déclaration d’indépendance proclamée le 27 octobre. La région a alors été placée sous tutelle du gouvernement espagnol, plusieurs dirigeants catalans ont été mis sous les verrous en Espagne tandis que d’autres ont fui dans d’autres pays européens.

Belga

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28 juillet 2018 - 13h30