Découvrez   

Le plan intra-francophone de lutte contre les violences faites aux femmes est adopté

Depuis le début de la législature, les cabinets des ministres de l’Egalité des chances, Christie Morreale (PS), Bénédicte Linard (Ecolo) et Barbara Trachte (Ecolo), planchent sur l’élaboration d’un plan de lutte contre les violences faites aux femmes. Les gouvernements wallon, de la Fédération Wallonie Bruxelles et de la COCOF l’ont approuvé ce matin.

Dans le plan, on retrouve 65 actions concrètes qui seront menées jusqu’en 2024 afin de réduire les inégalités hommes femmes. “Une des premières mesures sera d’objectiver les faits, explique la ministre wallonne, Christie Morreale. On enregistre aujourd’hui environ 40 plaintes par jour, 18 pour viols en Wallonie et 25.000 femmes risquent d’être excisées mais nous savons que nous sommes en dessous de la réalité.” 

Cette collecte de données sera effectuée par les professionnels du secteur. “Les choses bougent en Belgique en matière de droits des femmes. Au niveau de la Fédération Wallonie-Bruxelles, en partenariat constant avec les associations de terrain, nous avançons sur plusieurs fronts, notamment en termes de récoltes de données permettant d’appréhender plus efficacement les phénomènes de violences, mais aussi au niveau de la sensibilisation, des formations, de l’information et de l’amplification des campagnes notamment auprès des hommes, précise Bénédicte Linard, ministre du droit des Femmes pour la FWB. Ce travail en amont vise à déconstruire les préjugés et à informer le public le plus large possible. La concertation entre les différentes ministres à tous les niveaux de pouvoir permettent des actions concrètes et vont resserrer les mailles du filet pour ne plus rien laisser passer en matière de violences faites aux femmes.”

A Bruxelles, 45 places pour des femmes ayant subi des violences doivent encore être créées. L’hôtel de 50 places qui a été ouvert lors du premier confinement pour accueillir en urgence les femmes restera ouvert jusqu’à fin mars. De plus, Brabara Trachte a souhaité mettre l’accent sur les formations EVRAS (éducation à la vie relationnelle, affective et sexuelle). “Pour le moment, seuls 15% des jeunes y ont accès à un moment dans leur scolarité. Je crois qu’il faut que plus de jeunes aient une formation et ce dès la maternelle. Un guide pour aider les intervenants à aborder les sujets avec des enfants, des adolescents et des jeunes adultes sera publié d’ici la fin de l’année.” La COCOF a également débloqué un budget supplémentaire de 120.000 euros pour augmenter les activités dans les écoles.

Objectiver pour rendre concret

Eduquer dès le plus jeune âge à l’égalité, objectiver les faits, ce sont des manières de sensibiliser mais aussi de rendre concret les violences faites aux femmes. En agissant en amont, les ministres espèrent pouvoir dans le futur réduire les aides en aval.

En attendant, elles souhaitent aussi renforcer les lignes d’écoute. Pendant le premier confinement, les appels ont triplé. Seulement, le numéro d’aide (0800 300 30) n’est accessible que de 9h à 19h et pas le week-end. Bientôt, il sera accessible 24h/24 et 7j/7. Dans le cadre de la professionnalisation du service, la coordination avec les autres niveaux doit aussi être renforcée.

Un comité de suivi sera mis sur pied afin d’évaluer les politiques de lutte. Les associations seront aussi invitées à participer afin de remonter les informations du terrain. Il se réunira au moins quatre fois par an.

Sensibiliser dès le plus jeune âge

Une grande campagne de sensibilisation à destination du grand public sera également lancée prochainement. Elle sera aussi à destination des hommes en tant que potentiel auteur de violence mais surtout comme témoin. Un volet du plan est consacré à la prise en charge et à l’accompagnement des auteurs mais aussi des témoins.

Le cyber-harcèlement n’est évidemment pas oublié dans ce plan que cela soit pour les jeunes mais également pour les journalistes. Selon une étude de 2018, 66% des femmes journalistes disent avoir fait l’objet d’un cyber-harcèlement.

Un pôle formation sera aussi créé. Il sera pour les professionnels du secteur mais également les administrations, les médias ou les associations sportives.

V.Lh. – Photo:  BX1