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Plan de relance bruxellois : l’union sacrée derrière les mesures d’urgence a disparu

L’union sacrée de la classe politique bruxelloise autour des mesures d’urgence prises dans le cadre des pouvoirs spéciaux accordés au gouvernement bruxellois a disparu à propos du plan de relance. Présenté vendredi par le ministre-président Rudi Vervoort lors de la séance plénière du parlement régional avant les vacances, celui-ci n’a pas convaincu l’opposition, souvent pour des raisons différentes, en fonction du marquage idéologique des uns et des autres.

Selon le ministre-président bruxellois, en termes d’emploi, la situation est particulièrement inquiétante: 23% de l’emploi salarié régional serait concerné par le chômage temporaire en Région bruxelloise; 30% des salariés bruxellois seraient touchés par le chômage temporaire et 46% des indépendants bruxellois auraient fait appel au droit passerelle. Nombre de ces personnes risquent de basculer vers le chômage “ordinaire”. Le nombre de chercheurs d’emploi inscrits auprès d’Actiris pourrait augmenter de 10.000 à 30.000 personnes d’ici fin 2020.

Le plan de relance qui porte sur de multiples facettes bien plus larges de la crise sera ouvert à une large concertation dès la rentrée et débouchera à terme sur des mesures de redéploiement plus vastes, a rappelé Rudi Vervoort (PS). Pour la cheffe du groupe MR, Alexia Bertrand, “ce plan de relance contient à peu près de tout sauf de relance”. Les 120 millions qui y sont consacrés représentent seulement un quart de ceux qui l’avaient été aux mesures d’urgence. A peine 4,3 millions supplémentaires sont investis dans l’emploi et la formation. “Cela représente une somme dérisoire de 50 euros par demandeur d’emploi”, a-t-elle notamment dit.

Refinancer les maisons de repos

Françoise De Smedt (PTB) a estimé que pour que le monde de demain ne soit plus celui d’hier, la Région doit contribuer au refinancement des soins de santé à hauteur de 30 millions d’euros et en particulier pour revaloriser le personnel des maisons de repos et y augmenter les effectifs. “Dans le monde d’après, il faut sortir les maisons de repos des mains des multinationales. Elles ne peuvent pas se faire des profits sur le dos de nos aînés”, a-t-elle ajouté. Pour elle, il importe aussi de s’attaquer aux inégalités qui “vont encore exploser dans les mois à venir”, en agissant sur le levier du logement abordable, ce que le gouvernement fait bien trop peu, et sur celui de l’emploi et de la formation. Le gouvernement prévoit encore plus “de coaching”, de “formation” et de “primes à l’emploi” individuellement utiles à certains travailleurs pour sortir de la précarité. “Mais ici vous généralisez une politique de cadeaux pour les entreprises, dont les grosses qui n’ont pas de difficulté, sans créer des emplois… si vous ne changez pas de cap, on devra vous appeler le ministre Clerfaillite de l’emploi”, a-t-elle dit à l’attention de Bernard Clerfayt (DéFI).

Comme Biance Dabaets (CD&V), Céline Fremault (cdH) a jugé que le plan, composé de mesures éparses à court terme et redisant la déclaration de majorité, manquait d’ambition. Les montants dégagés sont encore trop faibles et trop dilués. Le soutien aux entreprises, PME et commerçants, est “trop léger eu égard au marasme économique qui guette”.

30.000 demandeurs d’emploi supplémentaires

En ce qui concerne l’emploi, à part une amélioration de l’accompagnement chez Actiris, c’est également quasi le néant pour les 30.000 demandeurs d’emploi supplémentaires qui devraient arriver sur le marché, a-t-elle dit. Le cdH propose notamment la création d’un fonds sécurisé d’épargne privée, qui serait géré par Finance.brussels, prenant des participations dans les entreprises afin d’y injecter des liquidités, dans un cadre macro-économique et une anticipation de la stratégie rénovation de la Région bruxelloise, bénéfique pour l’économie, l’environnement, l’emploi et la formation.

Sur la forme, Céline Fremault a critiqué le manque de transparence des mesures à l’égard du parlement informé tardivement. Ce plan n’a rien d’une relance. Le gouvernement bruxellois n’a toujours pas présenté de budget complet pour 2020, a dit en substance Cieltje Van Achter (N-VA).

Belga

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17 juillet 2020 - 15h30
Modifié le 17 juillet 2020 - 17h37