Parole à la diaspora congolaise dans Mont des Arts

60 ans se sont écoulés depuis la déclaration d’indépendance du Congo. Une histoire de domination et de colonisation toujours quasi absente des livres scolaires et des musées. Des efforts sont faits mais le déficit reste flagrant. David Courier revient avec ses invités sur cette problématique dans Mont des Arts. 

Dans son clip, Weya Viatora, chanteuse, explique l’histoire des jeunes Rwandais nés après le génocide : “Cela parle d’union et de tout ce que l’on peut faire en tant que génération post-génocide pour développer notre pays”. Une histoire qui est loin d’être connue de tous, comme le détaille Pitcho, chanteur et danseur : “On apprend l’histoire mais pas forcément la nôtre. On apprend l’histoire belge car tout le système faisait en sorte qu’on ressemble aux Belges“. Un sentiment partagé par la journaliste chez Vox Africa, Christelle Pandanzyla : “On parle de l’histoire de la colonisation, du lien entre la Belgique et le Congo… Mais on parle très peu de l’histoire du Congo dans son Afrique. Il y a une grosse lacune dans la connaissance de l’histoire pré-coloniale“.

Une période coloniale qui a marqué de nombreuses personnes au sein du continent africain, comme Lucas Katangila, artiste : “Personnellement, je m’adresse à tous les enfants du Kivu en général. Cela représente beaucoup de populations. J’ai vu beaucoup de droits des enfants au Kivu qui sont bafoués. C’est pour ça que j’ai créé ce projet (…) La danse change la mentalité, la façon de faire les choses. Les enfants soldats ont connu plein de choses, mais quand on les amène dans un studio de danse, c’est tout autre chose, on leur ramène la joie“.

Quelle est alors la place de la culture, quand des problèmes plus fondamentaux frappe un pays ? “Ce n’est pas facile d’être artiste au Rwanda“, entame Weya Viatora. “Il faut créer soi-même des opportunités. C’est pour cela que la plupart des artistes font des projets artistiques. C’est le moyen le plus fort pour pouvoir vivre de son art“. Christelle Pandanzyla : “La culture est un peu le dernier maillon de la chaîne, pas très valorisé, alors que cela peut être un moyen de s’exprimer pour pouvoir se défaire de paradigmes. Il est temps que nos gouvernements laisse à la culture une grande place“. Même son de cloche chez Pitcho : “La culture est quelque chose qui fait partie d’un tout. Cela peut énormément participer à relever une génération oubliée. C’est une arme qui m’a permis de faire énormément de choses et de rencontrer beaucoup de gens dans ma vie“.

La culture peut alors favoriser le sentiment d’identité aux deux pays. “J’entretiens cette culture métissée“, explique Christelle Pandanzyla. “Sans cette base là, je ne serais pas complète“. “On fait partie de cette Belgique, même si je trouve que l’on nous voit pas assez“, enchaîne Pitcho. “Je pense qu’il y a un travail à faire au niveau des médias ou dans la recherche de travail, où les noirs sont en bas de l’échelle… Je suis le premier choqué pour cette situation, alors qu’on est en 2020“.

T.Dest

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16 janvier 2020 - 19h09
Modifié le 17 janvier 2020 - 10h23