Médecins et clients exigent des conditions de travail plus saines pour les aides ménagères

Environ 800 académiciens, médecins, experts en soins de santé et clients de titres-services ont signé une pétition pour demander des conditions de travail plus saines pour les plus de 140.000 aides ménagères du pays. Les initiateurs appellent dans une lettre ouverte à davantage d’ergonomie et à un meilleur suivi de la part des entreprises.

En tant que clients, nous sommes préoccupés par la santé de nos aide ménagères, mais souvent nous ne sommes pas suffisamment informés sur les risques et les lourdes conditions de travail“, peut-on lire dans la lettre ouverte. Le mois dernier, les travailleurs du secteur ont fait grève pour obtenir un meilleur salaire. Les chiffres montrent que 72% travaillent moins de 30 heures par semaine, parce que le travail est trop lourd, tant physiquement que mentalement.

Plusieurs études du syndicat FGTB et de la VUB (Vrije Universiteit Brussel) montrent que 70 à 84% des aides de nettoyage sondées se plaignent de maux de dos, musculaires ou aux articulations. Les maladies pulmonaires sont également plus fréquemment la cause de décès que dans la moyenne de la population, et ce en raison de l’exposition aux nombreux produits chimiques présents dans les produits de nettoyage. Le manque de pauses et de formation font également partie des plaintes, tout comme la solitude, le manque de soutien, la pression et le stress. “La grande majorité des problèmes de santé rencontrés par les aides ménagères peuvent être évités. Mais, lorsque les employés font part de difficultés et ne peuvent plus faire face au travail, l’employeur refuse souvent de fournir un travail adapté“, rapporte la lettre. Certains employeurs livrent toutefois des efforts, selon les initiateurs. Cependant, le cadre législatif et les lignes directrices auxquelles l’employeur doit se conformer sont encore très vagues, ce qui laisse la porte ouverte à un certain laxisme et même à des abus de la part des entreprises de titres-services.

Les signataires de la pétition demandent des conditions de travail plus ergonomiques grâce à des produits de nettoyage et de formation plus sûrs. En outre, ils appellent les sociétés du secteur à effectuer des contrôles réguliers sur les nouveaux lieux de travail et d’informer les clients sur les tâches permises. Ils demandent également un suivi périodique d’un médecin du travail et de reconnaître comme maladies professionnelles, les maux spécifiques auxquels les aides ménagères sont souvent confrontées.

Belga 

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12 décembre 2019 - 13h23