Marge salariale de 0,8 % : “C’est la loi”, dit le patronat; “insuffisant”, disent les syndicats

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La Fédération des Entreprises de Belgique (FEB) n’a pas l’intention d’outrepasser la loi en concluant un accord sur une marge salariale plus élevée que 0,8%, a indiqué jeudi matin l’administrateur délégué Pieter Timmermans à l’entame des concertations du Groupe des 10. “La loi est la loi et nous n’allons pas l’ignorer.”

Le Conseil central de l’Economie a fixé à 0,8% (hors index) la marge maximale sur laquelle les salaires pourront augmenter. La nouvelle loi sur les salaires stipule que cette limite ne peut être dépassée. “Voyez-vous ici quelqu’un qui irait à l’encontre de la loi? “, a commenté Pieter Timmermans. Selon lui, les salaires pourraient augmenter – en tenant compte d’une inflation de 3,8% – de 4,6% sur les deux prochaines années. “Dans beaucoup d’autres pays, une telle hausse ne serait pas anodine.” Pieter Timmermans estime que le rapport du CCE est une bonne base. “Il combine la compétitivité et une hausse du pouvoir d’achat.

Pour les syndicats socialiste et libéral, la marge salariale de 0,8% hors index est insuffisante. Les formations syndicales veulent toutefois donner toutes ses chances à la concertation salariale bisannuelle avec le patronat, dont le coup d’envoi a été donné jeudi matin.

Le président de la FGTB Robert Verteneuil était très clair en matinée: “l’économie va mieux, les salaires des CEO augmentent, 0,8% n’est donc pas suffisant“. Le syndicat tablait, lui, sur une marge de 1,4%. Mais il donnera toutes ses chances à la concertation avec le patronat. “Nous avions espérer un autre chiffre“, abondait Miranda Ulens, numéro 2 du syndicat socialiste. “Nous allons essayer d’être créatifs” lors des négociations. Le syndicat libéral, par la voix de son président Mario Coppens, indiquait également que la marge maximale donnée par le Conseil central de l’Economie ne correspondait pas “au chiffre dont nous rêvions“. “Nous verrons plus tard où nous arriverons“, concédait-il, ajoutant que les accords interprofessionnels (AIP) ne se limitaient pas à la marge salariale.

Du côté de la CSC, Marc Leemans disait “ne pas vouloir commenter des chiffres qui n’ont pas encore été discutés à la table du Groupe des 10“. “Nous devons avoir confiance dans la concertation.” Le président du syndicat chrétien avait avancé précédemment le chiffre de 1,5% pour la marge salariale. Marc Leemans lançait une pique envers le syndicat socialiste, qui a d’ores et déjà annoncé une manifestation le 4 février pour l’augmentation du pouvoir d’achat. “Toutes les déclarations dans les médias et annonces d’actions ne vont pas aider“, estimait-il. “Nous donnons la priorité aux négociations, autant que possible.” En réaction, Miranda Ulens rappelait que la manifestation annoncée concernait des aspects bien plus larges que ceux des négociations pour l’AIP. Les partenaires sociaux espèrent pouvoir boucler leurs négociations d’ici une semaine.

 

Belga

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17 janvier 2019 - 11h55