Maggie De Block veut instaurer un verrou supplémentaire à la fin des études de médecine et dentisterie

La ministre de la Santé publique, Maggie De Block, prépare un arrêté royal qui instaurera l’obligation de posséder une “attestation de contingentement” en fin d’études de médecine et de dentisterie, selon des propos qu’elle a tenus mardi à la Chambre et rapportés mercredi par Le Soir. A partir de 2025, cette attestation sera obligatoire pour obtenir une place de stage et un numéro Inami, et ainsi facturer ses prestations à l’assurance maladie.

Maggie De Block veut régler une bonne fois pour toutes le problème des étudiants en médecine et dentisterie surnémaires, trop nombreux à être diplômés par rapport au nombre de numéros Inami disponible. Un bras de fer avait déjà eu lieu du côté francophone, qui surdiplôme depuis de nombreuses années. L’instauration d’un examen d’entrée en 2017 avait permis d’apaiser les tensions.

Celles-ci ont toutefois été ravivées à la suite des résultats des deux sessions de l’examen d’entrée 2018: 1.138 lauréats en médecine pour un peu moins de 600 numéros. “Laisser des gens entamer des études de médecine tout en sachant que près de la moitié d’entre eux est de trop, ce n’est pas correct”, avait commenté à l’époque la ministre.

Mardi, elle a annoncé à la Chambre qu’elle allait soumettre au gouvernement fédéral “un arrêté royal prévoyant l’introduction du système appelé attestations de contingentement (…) afin de s’assurer que les quotas pour les médecins pour 2025 et les années suivantes et ceux pour les dentistes pour 2024 et les années suivantes seront respectés”. La ministre ajoute qu’elle va “proposer dans le cadre de la Conférence interministérielle Santé publique, élargie aux ministres des entités fédérées en charge de l’enseignement, d’entamer la négociation d’un protocole d’accord”.

Concrètement, avec cet arrêté royal, les médecins et dentistes ne pourront accéder au stage prévu à la fin de leurs études s’ils ne détiennent pas cette fameuse attestation. Et le nombre de ces attestations sera calqué sur celui des numéros Inami prévus. Cela concerne les étudiants en médecine qui entameront leur parcours du combattant en septembre 2019 et les futurs dentistes qui sont rentrés en septembre 2018. Certains risquent de ne pouvoir exercer leur profession.

Pour la Fef, instaurer des attestations de contingentement serait “honteux”

“Ce que nous dénonçons depuis plusieurs années est que ce système (de contingentement, ndlr) est mauvais pour tout le monde”, souligne Maxime Michiels. Limiter la délivrance des numéros Inami, qui permet aux médecins et dentistes de facturer leurs prestations à l’assurance maladie, est “absurde” pour la Fef.

“Ce système est mauvais pour les étudiants qui sont une nouvelle fois plongés dans l’incertitude, pour ceux qui veulent entamer des études de médecine et en sont empêchés mais aussi pour toute la population car plus de 200 communes au sud du pays se trouvent dans une situation de pénurie”, pointe M. Michiels.

L’annonce de ce verrou supplémentaire en fin d’études fait suite aux résultats de l’examen d’entrée 2018 qui a vu 1.138 lauréats en médecine pour un peu moins de 600 numéros Inami disponibles. “En soi, c’est une bonne chose que beaucoup de jeunes veulent devenir médecins pour soigner leurs concitoyens car cela répond à un besoin collectif”, estime le président de la Fef. “Mais on les empêche de le faire et c’est profondément absurde.”

Maxime Michiels pointe également du doigt la ministre elle-même car elle a causé la situation actuelle, affirme-t-il. La Fédération Wallonie-Bruxelles “a voulu mettre en place un concours mais parce que Mme De Block n’avait pas publié des arrêtés royaux légalement et à temps, il a été cassé en justice”. Résultat: la Fédération a mis en place un examen d’entrée où tout candidat qui réussit peut accéder aux études. Alors qu’un concours ne permettait qu’à un nombre déterminé d’étudiants, calqué sur le nombre de numéros Inami disponible en fin d’études, de poursuivre leur parcours.

La Fef demande que cesse ce “chantage politique” et exige “une vraie réflexion autour d’un système de soins de santé accessible à toute la population”.

Belga. Photo: Belga/Benoit Doppagne

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21 novembre 2018 - 09h30